Dans Rien n'est su, une pièce de Sabine Garrigues mise en scène par Audrey Bonnet, la scène devient un espace de survie où huit voix tentent de parler pour combler l’absence laissée par une tragédie. La pièce s’articule autour de Suzon, une jeune femme tuée lors des attentats du Bataclan en 2015, et interroge la manière dont le traumatisme persiste dans la mémoire, le langage et le corps. Le public est disposé autour d’un vide central – symbole de l’absence de Suzon –, tandis que huit comédiens utilisent la parole pour essayer de rétablir un lien avec la défunte. L’œuvre ne cherche pas à effacer la douleur de l’événement, mais à en rendre les traces tangibles, rappelant que le passé ne s’efface pas : il s’inscrit dans la vie de ceux qui survivent.
La création s’inspire du mythe grec antique de la nekuia, un rituel durant lequel les vivants descendent aux Enfers pour interroger les morts. Dans Rien n'est su, ce motif est réinvesti pour explorer non seulement le deuil de la famille de Suzon, mais aussi les racines profondes de son histoire et de son identité. La pièce devient un voyage à travers la mémoire et le langage, où les voix des comédiens s’entremêlent en un dialogue polyphonique, presque chaotique. Cette approche reflète l’idée que l’ampleur du traumatisme lié à la perte est trop grande pour être portée par une seule voix ; le partage de la parole devient alors un moyen de faire face à l’absence.
Si la pièce bascule parfois dans un lyrisme excessif, sa force réside dans sa dimension testimoniale – sa capacité à confronter la matérialité de la perte plutôt qu’à tenter de la transcender. Le texte s’appuie par moments sur des thèmes familiers de beauté, de résilience et d’humanisme, qui peuvent paraître convenus, mais la mise en scène, épurée et émotionnellement crue, reste sobre. Les voix des comédiens tournent autour du vide central de la scène, incarnant physiquement le poids d’une absence que les mots ne pourront jamais combler entièrement. La pièce ne cherche pas à guérir la blessure du traumatisme, mais à en reconnaître la présence et à la laisser ressentir.
Rien n'est su est actuellement à l’affiche au MC93 de Bobigny du 23 septembre au 3 octobre, à L’Archipel de Perpignan les 6 et 7 octobre, au Tandem de Douai-Arras les 3 et 4 novembre, au Quartz de Brest les 20 et 21 novembre, au Théâtre national de Bretagne à Rennes du 25 au 28 novembre, à la scène nationale de l’Essonne à Évry-Courcouronnes le 1er avril, et au TnBA à Bordeaux du 6 au 9 avril.
Pièce explore le traumatisme et la perte à travers le rituel et la parole
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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