Fréquence du syndrome prémenstruel

Le syndrome prémenstruel (SPM) touche de 20 à 40 % des femmes en âge de procréer, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il survient généralement cinq jours avant les règles et se caractérise par des symptômes physiques et psychologiques tels que la fatigue, l'irritabilité, les douleurs abdominales et mammaires, la prise de poids, les maux de tête, l'acné, la tristesse, l'anxiété, les crises de larmes et l'irritabilité.

Causes biologiques du SPM

Le SPM est lié à la phase lutéale du cycle féminin, après l'ovulation, lorsque le follicule devient le corps jaune et produit de la progestérone. Si la fécondation n'a pas lieu, le taux de progestérone chute et les œstrogènes prennent le dessus, déclenchant les symptômes. D'autres théories associent ce trouble à des carences en magnésium, en calcium ou en sérotonine.

Distinguer le SPM d'autres affections

Le SPM ne doit pas être confondu avec les douleurs menstruelles, bien que les deux puissent coexister. Les symptômes disparaissent généralement avec l'arrivée des règles, ce qui permet de distinguer le SPM de la dépression chronique. Toutefois, les symptômes peuvent s'aggraver pendant la périménopause et disparaître avec la ménopause, sauf en cas de traitement hormonal fortement œstrogénique.

Recommandations médicales pour le SPM

Le Dr Geoffroy Robin, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), souligne que le SPM est sous-diagnostiqué et peu étudié. Il recommande la prise continue de pilules contraceptives œstroprogestatives, qui n'affectent pas la fertilité et pourraient même protéger contre le cancer de l'utérus. Il évoque également le recours à des antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (fluoxétine et sertraline), qui donnent de bons résultats au cours de la seconde moitié du cycle menstruel.

Le rôle des pharmaciens dans la prise en charge du SPM

Les pharmacies sont un lieu privilégié pour évoquer les symptômes du SPM. Marion Bandel-Bardonnet, pharmacienne à Belleville-en-Beaujolais, recommande des changements de mode de vie, tels que l'activité physique, la méditation, et la réduction de l'alcool, des sucres raffinés et du sel. En cas de symptômes sévères, une consultation médicale est nécessaire.

La micronutrition pour gérer le SPM

Nathalie Chatel, pharmacienne et spécialiste de la micronutrition, recommande un apport en acides gras (oméga-3 et oméga-6), en minéraux (magnésium, zinc) et en vitamines du groupe B. Elle souligne également l'importance des probiotiques, qui influencent le bien-être émotionnel en favorisant la synthèse de la sérotonine.

Impact de l'activité sexuelle sur le SPM

Une étude de 2020 menée auprès de 486 personnes menstruées dans 18 pays a montré que 70 % des participantes ont signalé un effet positif de la masturbation régulière sur l'intensité des douleurs menstruelles. Ces résultats pourraient s'appliquer au SPM, car l'orgasme favorise la libération de neurotransmetteurs associés au plaisir et au bien-être, tels que la dopamine et la sérotonine. Toutefois, une baisse de la libido figure parmi les symptômes du SPM.

Efforts pour reconnaître le SPM dans les politiques du travail

Le Syndicat national des syndicats autonomes (Unsa) a lancé une pétition demandant l'inscription dans la loi française d'un congé menstruel pris en charge par la Sécurité sociale, qui avait recueilli plus de 90 000 signatures à la fin mai. Cette mesure existe déjà dans certaines entreprises et collectivités locales, ainsi qu'au Japon et en Espagne, mais son extension en France se heurte à des contraintes budgétaires.