Chaque année, environ 503 milliards de mètres cubes d’eau issus des pluies et des neiges en France métropolitaine retournent dans l’atmosphère, ce qui représente 60 % du total, selon Eaufrance, le service public d’information sur l’eau. Cela signifie que six gouttes de pluie ou de neige sur dix ne touchent jamais le sol, mais s’évaporent ou retournent dans le ciel par évapotranspiration, un phénomène qui englobe à la fois l’évaporation de l’eau depuis les sols et celle libérée par les plantes. Ce processus est particulièrement marqué en automne, lorsque commence la recharge des nappes phréatiques. Une partie des pluies s’infiltre dans le sol, une autre alimente les cours d’eau, mais la plus grande part – 314 milliards de mètres cubes – s’évapore chaque année. L’évapotranspiration a augmenté d’environ 17 % depuis 1970, selon les dernières données. Pour mesurer l’ampleur de cette évaporation, prenons comme référence qu’1 millimètre de pluie sur 1 mètre carré équivaut à 1 litre d’eau. À partir de ce calcul, les 314 milliards de mètres cubes évaporés correspondent à environ 577 millimètres de pluie répartis sur l’ensemble du territoire français, qui couvre quelque 544 000 kilomètres carrés. À titre de comparaison, les 6 milliards de mètres cubes d’eau consommés ou évaporés par les activités humaines représentent une quantité bien moindre, équivalente à environ 12 millimètres de pluie. Cela montre que l’évapotranspiration naturelle dépasse largement l’usage de l’eau par l’homme, dans un rapport de plus de 50 à 1. Les 40 % restants des précipitations, appelés « pluie efficace », correspondent à l’eau qui atteint le sol et participe au ruissellement ainsi qu’à la recharge des nappes. Selon Eaufrance, 120 milliards de mètres cubes s’infiltrent dans le sol et 80 milliards rejoignent directement les cours d’eau, ce qui signifie que les réserves souterraines reçoivent une fois et demie plus d’eau que les rivières. Cette eau infiltrée renouvèle les réserves souterraines avant de regagner, à terme, les eaux de surface par le biais des sources. Au final, environ 176 milliards de mètres cubes s’écoulent vers la mer, dont 18 milliards quittent le territoire, soit trois fois la quantité consommée par les activités humaines. Les chiffres peuvent légèrement varier selon les sources. Le ministère de la Transition écologique évoque 512 milliards de mètres cubes par an pour la période 1981–2010, tandis que Eaufrance en recense 503 milliards. L’écart de 9 milliards de mètres cubes s’explique probablement par les périodes de référence utilisées. Malgré cette différence, les deux chiffres restent très proches lorsqu’ils sont convertis en millimètres de pluie. Le record annuel de précipitations enregistré à Sewen, dans le Haut-Rhin, s’élève à 2 282 millimètres – plus du double de la moyenne nationale –, illustrant la variabilité des apports en eau sur le territoire. Ces mesures sont collectées par Météo-France grâce à des pluviomètres, des radars et des observateurs bénévoles. Comme l’année hydrologique débute en septembre, chaque pluie automnale contribue à la recharge des nappes, essentielle pour préserver les ressources en eau tout au long de l’année.