Un nourrisson qui dort de longues périodes dès la naissance

Aurore, mère d'une petite fille de 2,5 mois prénommée Amélia, raconte que sa fille a commencé à dormir longtemps peu après sa naissance. Amélia s'est endormie juste après avoir pris son biberon et est restée endormie jusqu'à ce que les sages-femmes viennent la voir à minuit, puis à 3 heures du matin le lendemain. Dès la deuxième nuit, Amélia s'est réveillée à 3 heures pour manger, puis à nouveau à 7 heures.

Les rythmes de sommeil varient selon les nouveau-nés

La psychologue Elisabeth Darchis explique que si la plupart des nourrissons ont besoin de plusieurs semaines pour dormir plusieurs heures d'affilée la nuit, certains nouveau-nés peuvent allonger leurs périodes de sommeil dès la naissance. En moyenne, les bébés qui font leurs nuits ont besoin de 12 à 16 heures de sommeil par jour entre 4 et 12 mois ; entre 1 et 2 ans, de 11 à 14 heures ; entre 3 et 5 ans, de 10 à 13 heures ; et d'au moins 9 heures à partir de 6 ans.

L'alimentation et le sentiment de sécurité intérieure influencent le sommeil

Darchis explique que certains nouveau-nés tirent profit de l'alimentation, car ils peuvent avoir l'impression de téter, ce qui peut les aider à se calmer et à prolonger leur sommeil. Ces bébés peuvent avoir une vie intérieure qui les rassure, ce qui leur permet de dormir plus longtemps le soir, même s'ils ne distinguent pas le jour de la nuit avant le troisième mois.

L'environnement influence le sommeil du bébé

L'environnement joue également un rôle dans le sommeil d'un bébé. Un espace calme peut aider un jeune enfant à dormir plus paisiblement. Certains bébés dorment beaucoup parce qu'ils se sentent en insécurité et se réfugient dans le sommeil lorsque leurs parents ne sont pas disponibles. D'autres peuvent dormir beaucoup en raison de l'épuisement causé par la lutte contre la fatigue : ils pleurent, s'effondrent, puis restent endormis plus longtemps. Le dernier biberon avant le coucher peut également avoir un effet sur le sommeil du bébé, car en augmenter la quantité peut allonger les périodes de sommeil.

La routine du coucher d'Aurore

Aurore confirme ce point : elle donne à Amélia un biberon de 210 ml avant le coucher, et celle-ci se réveille à 8 heures. Darchis déconseille de réveiller un bébé pour régler son rythme de sommeil, car cela peut perturber son rythme naturel. Les interactions avec un nouveau-né sont essentielles, mais il faut éviter de prolonger les moments d'éveil afin de ne pas associer le réveil au plaisir, ce qui pourrait augmenter le nombre de réveils.

Créer un environnement propice au sommeil

Les parents peuvent aider leur bébé à distinguer le jour de la nuit en lui permettant de profiter de la lumière naturelle pendant la journée, et en parlant à voix basse et en restant dans l'obscurité la nuit lors des tétées. Instaurer des horaires réguliers pour l'hygiène, les moments d'éveil ou les promenades peut donner au bébé un sentiment de sécurité. L'attitude des parents a aussi une réelle influence sur le sommeil de leur enfant, car le calme et la sécurité peuvent aider le bébé à se sentir plus à l'aise.

Le calme d'Aurore influence Amélia

Aurore pense que son calme, pendant la grossesse comme aujourd'hui, a joué un rôle majeur dans le rythme de sommeil d'Amélia. Darchis note que certains parents peuvent avoir du mal à accepter que leur bébé ne supporte pas leur lit, alors que ce sont souvent les parents qui ne supportent pas de voir leur enfant seul. Les parents peuvent répondre trop vite aux pleurnichements du bébé, ce qui peut interrompre la prolongation du sommeil. Il est essentiel que l'enfant apprenne à se rassurer seul dans son lit.

Associer le sommeil au réconfort

Darchis souligne l'importance d'aider l'enfant à « rêver dans les bras de ses parents », c'est-à-dire au biberon ou au sein s'il est allaité, afin d'éviter d'associer le sommeil à l'alimentation. Elle note également que les enfants qui dorment dans la chambre de leurs parents font souvent leurs nuits plus tard, car il y a davantage de stimulation et d'interactions entre le bébé et ses parents. Il est toutefois crucial de trouver un équilibre, pour que le bébé se sente en sécurité tout en développant sa capacité à se apaiser seul.

Un sommeil excessif peut être un signal d'alerte

Darchis met en garde : si un bébé dort beaucoup, surtout en maternité, les professionnels sont très attentifs, car ce sommeil peut révéler une fuite relationnelle. Il arrive qu'un bébé soit trop sage, ce qui peut inquiéter et faire craindre une possible dépression, en particulier après une césarienne difficile ou lorsque les parents n'ont pas eu la force de s'occuper de leur enfant. Le lien mère-enfant est essentiel : si la mère n'est pas disponible, le nouveau-né peut se réfugier dans le sommeil. On peut y remédier en adaptant sa voix ou son regard afin d'aider le bébé à trouver son rythme de repas et de sommeil.

Ces rythmes de sommeil peuvent durer des mois

Aurore fait remarquer que si Amélia a adopté un tel rythme, il y a peu de chances qu'il change, car les bébés qui dorment bien peuvent continuer ainsi pendant des semaines, voire des mois. À 1 mois, l'enfant dort de 17 à 20 heures par jour et ne se réveille peut-être qu'une seule fois pendant la nuit. À 2 mois, le bébé est capable de dormir presque toute la nuit, parfois jusqu'au petit matin, soit 6 à 7 heures d'affilée.

Les changements liés au développement influencent le sommeil

Darchis ajoute que le nombre de siestes n'influence pas la qualité du sommeil du soir, mais qu'au cours du développement de l'enfant, plusieurs perturbations viendront bousculer ce cycle de sommeil, notamment l'angoisse de séparation vers 8 mois, les poussées dentaires et les érythèmes fessiers. Le sommeil du jeune enfant est un long processus qui évolue au fil du temps.