Une mission du Sénat français révèle une hausse des violences lors des manifestations et propose des lois plus strictes et des outils technologiques pour maintenir l'ordre.
Le Sénat conclut sa mission sur le maintien de l'ordre
Une mission sénatoriale consacrée à « l'avenir du maintien de l'ordre » a rendu ses conclusions, menée par le centriste Olivier Bitz et le membre des Républicains David Margueritte. Lancée en janvier, cette mission a examiné l'évolution des manifestations au cours de la dernière décennie et a mis en lumière la montée des violences et des rassemblements non déclarés, en particulier lors de la mobilisation nationale du 17 octobre 2026.Évolution des modes de manifestation
Le rapport relève une transformation dans l'organisation des manifestations, avec davantage de rassemblements non déclarés et une hausse des violences. Il attribue ce phénomène à l'influence de casseurs et de groupes comme les black blocs, ainsi qu'à de nouvelles formes de contestation, telles que la désobéissance civile et les « zones à défendre », qui remettent en cause les méthodes traditionnelles de gestion des foules.La réponse de l'État et ses limites
Face à ces défis, le gouvernement français a instauré le schéma national du maintien de l'ordre (SNMO) en 2020. Ce dispositif visait à renforcer l'usage du renseignement, à améliorer la mobilité des forces de l'ordre et à recourir à des mesures judiciaires pour cibler les éléments violents. Toutefois, le rapport estime que le SNMO n'a pas réussi à concilier pleinement le droit de manifester avec la nécessité de protéger l'ordre public, comme l'ont montré les troubles des 17 et 18 octobre 2026.Améliorations technologiques et tactiques proposées
La mission recommande de maintenir et de développer les armes intermédiaires destinées aux forces de l'ordre, ainsi que le recours à la vidéosurveillance algorithmique et aux drones pour détecter les groupes violents. Elle souligne également l'importance de renforcer les services de renseignement afin de surveiller les menaces potentielles et d'y répondre en temps réel, tout en suggérant de meilleures stratégies de communication pour apaiser les tensions avec les manifestants.Mesures répressives et propositions législatives
Le rapport comprend des propositions de sanctions plus sévères, comme la pénalisation de la participation à des manifestations non déclarées et l'alourdissement des peines de prison pour l'appartenance à un groupe violent. Il soutient également un projet de loi qui permettrait la saisie des prestations sociales afin de rembourser les victimes de dégradations causées lors de manifestations, même lorsque les personnes concernées n'ont pas personnellement commis ces dégâts.