Les mutilations de plusieurs lycéens lors de manifestations lycéennes ont replacé la doctrine du maintien de l’ordre sous les projecteurs. Un rapport sénatorial sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. Face aux exigences de démission émanant de l’opposition de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension des grenades assourdissantes et justifié longuement l’action des forces de l’ordre lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.
Les blessures et mutilations de plusieurs lycéens lors des manifestations ont entraîné des appels à la démission de la part d’élus des groupes Insoumis et Communiste. Le ministre est revenu sur sa déclaration selon laquelle les forces de l’ordre sont intervenues « sans retenue » lors des manifestations lycéennes, affirmant que « dans le principe d’une intervention, il n’y a pas de retenue, mais, lorsqu’il y a une intervention, la proportionnalité de l’action est respectée ». Il a également rappelé le chiffre de 6 629 arrestations depuis le début du mouvement, ainsi que les blessures de 761 policiers ou gendarmes, 215 lycéens et 89 membres de l’enseignement « pour seulement quelques rapports de l’IGPN ».
Une réunion présidée par Emmanuel Macron à l’Élysée pour évaluer la mobilisation lycéenne a rassemblé le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Intérieur et son homologue du ministère de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension, pour le mouvement lycéen, de l’utilisation de la grenade assourdissante ASSD, qui aurait pu causer la perte de la main d’un jeune homme à Lens lundi. Cette suspension sera effective jusqu’à ce que « la lumière soit faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire ».
Ian Brossat, sénateur communiste de Paris, a déclaré qu’« il y a un lien direct entre ses déclarations et la tragédie qui s’est produite » et a exigé la démission de Laurent Nuñez. Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise, a affirmé qu’« il est temps d’interdire toutes les armes de guerre dans les manifestations, de mettre fin à la répression policière et d’écouter les revendications légitimes de la jeunesse ».
Du côté du Parti socialiste, le député Boris Vallaud a annoncé que son groupe déposerait une proposition de loi visant à ce que, face à des manifestations impliquant des mineurs, les forces de l’ordre ne puissent plus utiliser d’armes mutilantes ou de « pratiques brutales ». Le sénateur écologiste Guy Benarroche a rappelé que « le danger des LBD ou des grenades est documenté depuis le mouvement des Gilets jaunes ».
Olivier Bitz, sénateur centriste et corapporteur de la mission d’information, a qualifié la suspension de l’utilisation des grenades ASSD de « signe encourageant d’apaisement ». Il a observé que les forces de l’ordre font face à des actes de plus en plus violents et a souligné qu’« il n’est pas question d’exposer davantage les policiers et gendarmes en ne leur donnant pas les moyens de rétablir l’ordre ».
Les armes intermédiaires sont destinées à « tenir les agresseurs à distance » et à éviter le contact avec les perturbateurs. Le ministre de l’Intérieur a affirmé que « les armes intermédiaires sont absolument indispensables lorsque les policiers, gendarmes, ont en face d’eux une violence extrême, cela permet de tenir à distance, de graduer la réponse ».
Les manifestations lycéennes embrasent la France depuis plusieurs jours et sont marquées par des images violentes de face-à-face entre lycéens et forces de l’ordre, qui déploient tout leur arsenal devant les établissements bloqués. Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’« il faut que ça cesse. La hiérarchie doit reprendre la main sur les cow-boys sadiques qui mutilent nos enfants ». Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, a estimé que « le gouvernement avait une doctrine du maintien de l’ordre trop large et inefficace ». Amnesty International a dénoncé l’usage disproportionné de la force contre les manifestations lycéennes et appelé à une « désescalade ».
Le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’utilisation des grenades assourdissantes lors des mobilisations lycéennes après qu’un adolescent de 15 ans a perdu la main à Lens. Le jeune homme aurait été en contact avec un engin explosif de la police. « Une forte présomption que cela soit une grenade assourdissante », a déclaré le locataire de la place Beauvau.
D’autres lycéens ont été blessés lors de cette vague de protestation. Eden, 14 ans, a été blessé au visage à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, après « avoir reçu un tir de grenade lacrymogène à la tête ». L’agent responsable du tir a été mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivies de mutilation ou d’incapacité permanente », un délit passible de 15 ans de prison. Peu avant Eden, un adolescent de 16 ans a été blessé à l’œil par un tir de LBD à Argenteuil, également dans le Val-d’Oise. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de « 18 enquêtes » concernant le maintien de l’ordre et ses éventuels excès depuis le début des troubles lycéens.
Le maintien de l’ordre est encadré depuis 2020 par le Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), un document officiel publié à l’époque à la suite du mouvement des Gilets jaunes. Cette doctrine s’appuie officiellement sur plusieurs piliers, dont le développement de l’information auprès des organisateurs et des manifestants, l’apport croissant d’unités extérieures aux forces mobiles, et une modernisation des convocations.
Le ministre de l’Intérieur a assuré que « dans presque tous les cas », l’intervention des forces de l’ordre avait été « proportionnée » depuis le début de la mobilisation lycéenne. Le porte-parole de la police nationale a affirmé que « les policiers sont tenus d’utiliser la force de manière nécessaire et proportionnée ». Ces déclarations s’appuient aussi sur le fait que, dans la violence, plusieurs agents ont été victimes lors des interventions sur les blocages de lycées.
Sébastien Roché, directeur de recherche au CNRS et auteur de l’ouvrage La Police contre la rue, a estimé que « les mutilations sont exclusivement du côté des manifestants. Il y a une asymétrie totale de l’équipement en termes de capacité à infliger des dommages ». Il a également souligné que « les techniques de maintien de l’ordre, c’est toujours l’interprétation politique qui l’emporte. Notre système est comme ça, parce qu’on a un seul chef de la police, c’est le ministre de l’Intérieur ».
Dans certains pays, la méthode de « désescalade » est utilisée pour la gestion des foules. Selon Sébastien Roché, « c’est tout le contraire de ce qui est fait. C’est-à-dire qu’on ne fait pas d’arrestations inutiles. On n’arrête que les personnes qui sont particulièrement dangereuses ou agressives. On est capables de communiquer avec les groupes de lycéens qui organisent les blocages des établissements et le LBD est interdit ». Ces approches sont notamment appliquées en Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni.
Des manifestations dans les lycées alimentent le débat sur l'usage de la force et la doctrine de maintien de l'ordre
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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