Les commerçants français ont connu un dimanche plus calme après des manifestations violentes, mais les fermetures en cours menacent leurs finances.
Moins de magasins touchés en France
Les commerçants de toute la France ont fait état d'une journée plus calme que le samedi précédent, dimanche, même si les inquiétudes demeurent quant à l'impact financier de fermetures répétées liées à la poursuite des manifestations. À Rennes, où la manifestation avait été interdite, le magasin Carrefour City appartenant à Shawkat Ahmadi, pillé le 17 octobre, avait toujours ses vitrines protégées par des panneaux de particules, dont l'un portait le message « vous êtes les pillards ».Présence des forces de l'ordre remarquée
Le gérant du magasin a indiqué avoir fermé à 14 heures et que tout s'était bien passé, se disant soulagé. Un commerçant voisin, qui a demandé à rester anonyme, a souligné la présence des forces de l'ordre cette fois-ci, absentes la semaine précédente. Ce renforcement de la présence policière a pu contribuer à la baisse des dégâts observée dans plusieurs villes.Baisse des actes de vandalisme à Bordeaux
À Bordeaux, moins d'une douzaine de commerces ont été vandalisés selon la préfecture, contre plus de 80 la semaine précédente. Les services municipaux ont nettoyé la place de la Bourse pendant la nuit, jonchée de pavés et de douilles de cartouches après les affrontements.Les magasins de Marseille épargnés
À Marseille, environ 300 magasins de l'hypercentre pillés le 17 octobre ont été épargnés par le cortège, qui n'est pas passé par ce secteur. Leurs vitrines restent recouvertes de panneaux de bois, signe que les commerçants restent prudents malgré la baisse de la menace.Forte baisse des magasins pillés
Dans l'ensemble du pays, le bilan n'était pas comparable à celui de la semaine précédente. Le ministère de l'Intérieur a recensé 24 magasins pillés dimanche, contre 1 522 magasins touchés le 17 octobre. Alain Di Crescenzo, président du réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France), s'est dit soulagé au regard des dégâts massifs de la semaine précédente et a salué l'action des forces de l'ordre, dont les effectifs avaient été augmentés de 20 %, avec 70 000 policiers et gendarmes déployés.Une mobilisation toujours forte
La mobilisation est restée importante pour ce deuxième samedi, avec 410 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, contre 550 000 une semaine plus tôt, et 800 000 selon la CGT, autant que le 17 octobre. Cela indique que, si le niveau des dégâts a diminué, le nombre de participants aux manifestations n'a pas nettement baissé.Toulouse reste déserte
À Toulouse, le centre-ville, contourné par le cortège, n'a subi aucun dégât, mais est resté anormalement désert samedi. Les vitrines de nombreux magasins étaient recouvertes de panneaux de particules, et plusieurs commerces n'ont pas ouvert. Place du Capitole, la brasserie Les Arcades a servi 36 repas au déjeuner, contre 300 à 400 un samedi midi habituel, selon un serveur qui n'a pas donné son nom.Pertes de chiffre d'affaires et absence d'indemnisation
À Lille, Farid Bouhmama a fermé sa boucherie de la rue des Postes à 15 heures, lorsque des affrontements ont éclaté à quelques mètres de là, puis a gardé la boutique pendant trois heures avec « des employés et des amis ». Il s'est dit frustré : « J'ai perdu beaucoup de ventes. » Pour les commerçants, qui ont passé la nuit précédant la manifestation à « barricader leurs magasins », la principale conséquence reste la perte de chiffre d'affaires, selon Alain Di Crescenzo. Il a toutefois souligné que les commerçants qui ont fermé de leur propre initiative ne bénéficient d'aucune indemnisation.