Des cellules nerveuses vivantes sur puces informatiques pourraient révolutionner la robotique, gage d'adaptabilité et d'efficacité énergétique, comme le montre une expérience avec un chien robotique.
Des cellules nerveuses vivantes dans des puces informatiques
Des scientifiques ont démontré que des cellules nerveuses vivantes peuvent être utilisées dans des puces informatiques, ce qui pourrait offrir une meilleure efficacité énergétique et une plus grande adaptabilité que les systèmes traditionnels. Cette recherche a été menée par Cortical Labs, une entreprise australienne, et présentée lors de la conférence NeurIPS 2026, consacrée à l'intelligence artificielle.Un chien robot contrôlé par des cellules nerveuses
Des chercheurs ont relié des cellules nerveuses cultivées en laboratoire à un chien robot, lui permettant de se déplacer vers une cible. Cette expérience a consisté à utiliser des électrodes pour échanger des signaux électriques entre les cellules nerveuses et le robot, en transformant l'activité des cellules en mouvement. L'étude est actuellement disponible sur le site de prépublication arXiv, mais elle n'a pas encore fait l'objet d'une évaluation par les pairs.L'informatique biologique en action
Cortical Labs avait déjà utilisé des cellules nerveuses vivantes pour faire fonctionner des jeux vidéo comme PONG et DOOM. Cette nouvelle expérience marque la première fois qu'une telle technologie est utilisée pour contrôler un robot physique, montrant que l'informatique biologique peut interagir avec le monde réel.Les défis du contrôle robotique
Selon Brett Kagan, directeur général de Cortical Labs, si les robots ont fait des progrès en matière de mouvement, ils peinent encore à prendre des décisions de haut niveau. Déterminer le bon moment, le bon lieu et la bonne action dans des environnements imprévisibles reste un défi pour la technologie actuelle.Une collaboration avec Honda Research
L'expérience a été menée en partenariat avec Honda Research Institute Europe. L'équipe a mis au point un système permettant de stimuler des neurones sur une puce à l'aide de signaux électriques, et de transmettre les signaux qui en résultent au robot. Elle a testé plus de 1 300 combinaisons de signaux au cours de plus de 4 000 heures d'interaction entre la puce et le robot.Objectifs futurs et défis
Daniel Taneburg, scientifique principal chez Honda Europe, a souligné que l'utilisation de cellules vivantes pour le calcul présente des difficultés, mais offre des avantages potentiels en matière d'efficacité énergétique et d'adaptabilité. L'équipe vise désormais à augmenter la taille des puces neuronales afin de traiter des tâches plus complexes, et à étudier la manière dont ces puces stockent l'information, ainsi que la question de savoir si elles possèdent des fonctions semblables à la mémoire.