Un vaccin thérapeutique contre le cancer, UCPVax, montre des résultats prometteurs pour prolonger la survie et réduire la charge tumorale, avec des essais ciblant le glioblastome et les cancers liés au VPH.
Un vaccin UCPVax en développement pour le traitement du cancer
Le professeur Olivier Adotevi, immuno-oncologue au CHU Besançon Franche-Comté, dirige les recherches sur l'UCPVax, un vaccin thérapeutique mis au point grâce à seize années de recherche publique. Le vaccin a été lancé pour la première fois en 2010 au CHU de Besançon. Il a déjà fait l'objet de quatre essais cliniques impliquant plus de 360 patients français, et cinq autres essais sont actuellement en cours ou prévus.Un programme de recherche multicentrique en cours
Le programme UCPVax associe plus de 20 centres de recherche répartis sur l'ensemble du territoire français, parmi lesquels des centres hospitaliers universitaires, des hôpitaux généraux et des centres de lutte contre le cancer. Ces établissements collaborent pour évaluer l'efficacité et la sécurité du vaccin sur différents types de cancers.Un vaccin thérapeutique qui se distingue des vaccins préventifs
Contrairement aux vaccins préventifs, qui empêchent une infection avant qu'elle ne survienne, l'UCPVax est destiné aux patients déjà diagnostiqués avec un cancer. Il agit en entraînant le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses et à les attaquer, plutôt qu'en les détruisant directement. Cette approche explique le qualificatif « universel » attribué au vaccin, car il cible une enzyme clé dans la survie des cellules cancéreuses.Activation du système immunitaire par les lymphocytes T CD4
L'UCPVax stimule principalement les lymphocytes T CD4, qui jouent le rôle de chefs d'orchestre du système immunitaire. Ces cellules coordonnent les défenses de l'organisme en recrutant les lymphocytes T CD8, qui attaquent directement les cellules cancéreuses. Ce processus crée une mémoire immunitaire durable, qui permet à l'organisme de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses à l'avenir.Résultats encourageants dans les essais sur le cancer du poumon
Dans les essais portant sur le cancer du poumon avancé, 87 % des patients ont développé une réponse immunitaire spécifique après six injections. Parmi ces patients, la survie médiane a dépassé 11 mois, et un patient a connu une rémission complète. Associé à l'immunothérapie standard, l'UCPVax s'est montré encore plus efficace dans le traitement des cancers liés au papillomavirus (HPV), comme le cancer de l'utérus.Focus sur le glioblastome, une tumeur cérébrale agressive
La priorité actuelle est de tester l'UCPVax sur le glioblastome, une tumeur cérébrale très agressive au pronostic sombre. Dans un essai randomisé appelé MATVAC-1, huit patients étaient encore en vie deux ans après le traitement, ce qui laisse entrevoir le potentiel du vaccin. Il a montré une bonne tolérance clinique, avec seulement de légers effets indésirables, tels que des rougeurs ou un gonflement au niveau du site d'injection.Un traitement complémentaire aux traitements existants
L'UCPVax n'a pas vocation à remplacer les traitements actuels contre le cancer, mais à agir en complément de ceux-ci. Il renforce l'efficacité de la chirurgie, de la radiothérapie et d'autres immunothérapies en aidant l'organisme à éliminer les cellules cancéreuses résiduelles et à prévenir les rechutes. Son coût de production est nettement inférieur à celui des vaccins personnalisés : une année complète de traitement coûte environ 4 000 euros.Accès au traitement et critères d'éligibilité
Les patients doivent répondre à des critères médicaux précis pour pouvoir bénéficier du vaccin. Leur oncologue ou leur médecin référent doit prendre contact avec l'un des établissements participants. Les informations sur les centres éligibles et l'état des recrutements en cours sont disponibles sur le Registre national des essais cliniques de l'INCa ainsi que sur le site UCPVax.org.Campagne de financement pour les essais de phase III
L'équipe de l'UCPVax recherche 6 millions d'euros pour financer des essais de phase III portant sur 250 patients, dans le but d'obtenir une autorisation de mise sur le marché d'ici 2032. Un accès anticipé pour les patients atteints de glioblastome est envisagé dès 2029. Crédit Agricole a déjà apporté 1,5 million d'euros en tant que premier mécène privé, et une campagne de collecte de fonds est ouverte au grand public.