Procès de l'explosion de gaz à Paris

Près de huit ans après une explosion de gaz à Paris qui a fait quatre morts et 200 blessés, la Ville de Paris et le syndic de l'immeuble comparaîtront à partir de mardi. Le procès, qui durera sept semaines, réunit 200 parties civiles et porte sur des poursuites pour homicides et blessures involontaires.

Détails de l'explosion et bilan

L'explosion s'est produite le 12 janvier 2019, à 8 h 59, rue Trévise, dans le 9e arrondissement. Le souffle a endommagé une douzaine d'immeubles et laissé derrière lui des voitures calcinées, des vitrines brisées et des fenêtres soufflées. Deux pompiers figuraient parmi les quatre victimes : ils étaient arrivés sur les lieux peu avant l'explosion.

Conclusions de l'enquête

Les investigations ont conclu que la Ville de Paris avait fait preuve de négligence en ne menant pas les vérifications nécessaires sur l'affaissement de terrain situé près de l'entrée de l'immeuble. Cet affaissement, réparé à plusieurs reprises depuis 2015, a provoqué la rupture d'une canalisation de gaz, à l'origine de l'explosion. Le syndic de l'immeuble a également été jugé fautif pour avoir tardé à réparer un collecteur d'eaux usées, alors qu'il avait été informé d'une fuite en novembre 2015.

Expertises et arguments juridiques

Le dossier repose sur des rapports d'expertise datant de 2019, 2020 et 2023, dont les conclusions ne sont pas toujours concordantes. Si l'un des experts a suggéré que la société gazière GRDF pourrait être responsable, celle-ci n'a pas été poursuivie pénalement, mais s'est constituée partie civile. La Ville de Paris et le syndic plaideront non coupables, affirmant que leurs actions ont été conduites de manière professionnelle et sans négligence.

Point de vue des victimes et retransmission du procès

Les avocats des victimes ont critiqué le délai de sept ans, qu'ils jugent trop long, tout en soulignant que le procès offre aux victimes la possibilité de être entendues. La Ville de Paris a exprimé sa solidarité envers les victimes, mais entend défendre son innocence. Le procès sera retransmis en différé sur une web radio, une mesure rare, justifiée par la portée nationale du dossier et par les difficultés logistiques auxquelles sont confrontées de nombreuses parties civiles.