Des experts exposent la thèse de l'égout

Les experts Jacques Donati et Jean-Luc Géronimi, agréés par la Cour de cassation, ont présenté leurs conclusions devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils soutiennent qu'une canalisation d'égout qui fuyait a provoqué un affaissement du sol, entraînant la rupture d'une conduite de gaz à l'origine de l'explosion de 2019. Leur rapport comprend 16 visites sur site et 198 diapositives, détaillant la manière dont 300 à 500 mètres cubes d'eaux usées se sont infiltrés dans le sol.

Chronologie de l'explosion et bilan

Selon les experts, la conduite de gaz s'est rompue deux heures avant l'explosion survenue le 12 janvier 2019, à 8 h 59. L'explosion a tué quatre personnes, dont deux pompiers, et blessé 200 autres personnes. La rupture est attribuée au sol fragilisé, qui a fait plier la canalisation puis la a fait céder.

La Ville de Paris mise en cause

Les experts reprochent à la Ville de Paris de ne pas avoir enquêté sur l'affaissement du trottoir, malgré des demandes répétées de remplacement du revêtement devant l'immeuble. Selon eux, sans cet affaissement du sol, aucune rupture de la conduite ne se serait produite. La défense émet toutefois des doutes, en citant un autre rapport qui suggère que la corrosion de la canalisation a joué un rôle.

Corrosion et questions sur les réparations

Jean-Luc Géronimi a écarté l'hypothèse d'une corrosion extrême, mais a reconnu ne pas savoir avec certitude si une conduite non corrodée aurait pu résister aux mouvements du sol. Les experts ont également relevé un trou de 30 cm découvert lors d'une réparation antérieure, qui, selon eux, ne figurait pas dans les rapports officiels. La Ville de Paris conteste ces éléments et affirme qu'aucune trace d'affaissement n'subsistait après les réparations de 2016.

Contestations juridiques et complexité

Les experts insistent sur le fait que les réparations étaient inefficaces et que l'affaissement aurait dû faire l'objet d'une enquête. Selon eux, traiter l'affaissement aurait permis d'éviter l'explosion. La défense conteste ce raisonnement et estime que les experts ont employé une logique viciée. Les experts avaient d'abord affirmé que l'affaire était simple, avant de reconnaître qu'elle était complexe, ce qui a suscité de nouvelles interrogations. Des contre-experts doivent comparaître devant le tribunal à partir de mercredi.