La ministre de la Santé veut associer les sages-femmes à la prise en charge de la ménopause

Lors du Congrès de la ménopause à Paris, le 15 octobre 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé son intention de demander à la Haute Autorité de santé (HAS) d'envisager d'étendre la prescription de traitements hormonaux substitutifs (THS) aux sages-femmes. Celles-ci pourraient ainsi prescrire certains traitements, un rôle aujourd'hui réservé aux médecins.

Le rôle actuel des sages-femmes dans la prise en charge de la ménopause

Le principe de consultations longues de ménopause assurées par les sages-femmes est déjà reconnu par le ministère. Stéphanie Rist a rappelé que les sages-femmes assurent déjà un suivi gynécologique pendant la périménopause et la ménopause, et qu'elles sont régulièrement confrontées à ces situations. Elle a souligné qu'elles pourraient assumer ce rôle à l'avenir, à condition de ne pas prendre en charge les cas à haut risque.

Les mesures du gouvernement en faveur des femmes ménopausées

Le gouvernement français a présenté quatre mesures destinées à accompagner les 17 millions de femmes concernées par la ménopause. Elles visent à réduire un coût économique annuel estimé à 2,3 milliards d'euros, qui comprend la hausse des arrêts de travail, la baisse de la productivité et des hospitalisations évitables. Une étude révèle que 25 % des femmes ménopausées connaissent une baisse importante de leur qualité de vie, souvent liée aux bouffées de chaleur ou aux troubles du sommeil.

L'impact économique d'un parcours de soins morcelé

L'absence de parcours de soins structuré conduit les femmes à consulter en moyenne 3,4 professionnels avant de recevoir une prise en charge adaptée. La Caisse nationale d'assurance maladie dépense chaque année 320 millions d'euros pour les coûts liés à ces situations, dont 40 % pourraient être évités grâce à un accompagnement préventif. Les hospitalisations pour complications cardiovasculaires et ostéoporotiques ajoutent chaque année 450 millions d'euros de dépenses supplémentaires.

Les bilans de prévention, mesure clé

Le dispositif « Mon bilan prévention », destiné aux femmes âgées de 45 à 50 ans, occupe une place centrale dans le plan du gouvernement. Ce bilan gratuit, lancé en 2024, devrait toucher 2,5 millions de femmes d'ici 2028. Le programme coûte 180 millions d'euros sur trois ans, mais vise à générer 4,2 euros d'économies pour chaque euro investi, en évitant des hospitalisations et en détectant précocement des risques pour la santé.

Les sages-femmes en première ligne pour les consultations longues

Après l'échec des discussions avec les médecins, le gouvernement se tourne vers les sages-femmes pour assurer les consultations longues sur la ménopause. Les négociations avec la Caisse nationale d'assurance maladie doivent bientôt débuter, avec un tarif envisagé de 60 à 80 euros par consultation. L'objectif est de réaliser 800 000 consultations par an d'ici 2028, pour un coût de 48 à 64 millions d'euros annuels.

Les économies potentielles liées à la prescription par les sages-femmes

Permettre aux sages-femmes de prescrire des traitements hormonaux pourrait générer jusqu'à 120 millions d'euros d'économies par an. Aujourd'hui, seuls les médecins peuvent prescrire ces traitements, ce qui entraîne des coûts plus élevés. Des inquiétudes subsistent toutefois quant au risque d'un parcours de soins morcelé et de prescriptions inappropriées, notamment depuis une étude de 2002 qui a associé les THS à un risque accru de cancer du sein.

Une campagne nationale de sensibilisation prévue

En janvier 2027, Santé publique France lancera une campagne nationale de sensibilisation sur la ménopause, dotée de 12 millions d'euros. L'Organisation mondiale de la santé souligne que la ménopause est rarement abordée au sein des familles et des communautés. Une campagne similaire menée au Royaume-Uni a permis de réduire de 18 % les consultations d'urgence liées à la ménopause, pour une économie de 85 millions de livres sterling.

Incertitudes sur la réussite à long terme

L'évaluation de ces mesures est prévue pour octobre 2027, après l'élection présidentielle, ce qui soulève des interrogations sur leur pérennité. Les recommandations de la HAS, attendues à la mi-2027, seront déterminantes pour leur mise en œuvre. Le gouvernement vise à transformer 2,3 milliards d'euros de coûts indirects en 260 millions d'euros d'investissements préventifs, mais la réussite dépendra de l'engagement des professionnels de santé et d'un accès équitable aux soins sur l'ensemble du territoire.