Le marché du traitement de la ménopause se développe malgré le scepticisme

Un marché en plein essor de traitements non conventionnels contre la ménopause se développe, malgré le scepticisme du corps médical et les inquiétudes liées au manque de validation scientifique de nombreux produits. Ce marché comprend des tests hormonaux, des compléments alimentaires et des traitements à base de testostérone, qui suscitent souvent la prudence des professionnels de santé.

La ménopause touche des millions de femmes en France

En France, la ménopause concerne plus de 17 millions de femmes âgées de plus de 45 ans. Des symptômes tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les douleurs articulaires et les troubles du sommeil et de la concentration altèrent la qualité de vie de nombreuses femmes. Une étude menée en 2022 auprès de 5 000 femmes âgées de 50 à 65 ans au centre hospitalier universitaire de Toulouse a révélé que 87 % de celles qui ne suivaient aucun traitement ressentaient au moins un symptôme de la ménopause.

Des produits non validés envahissent le marché

Le marché des produits liés à la ménopause s'est considérablement étendu ces dernières années. On y trouve des articles tels que des « dentifrices pour la ménopause », des ventilateurs ou des oreillers spéciaux, commercialisés malgré l'absence de validation scientifique. La professeure Florence Trémollières, endocrinologue et gynécologue, a critiqué ces produits, qu'elle juge non prouvés, lors d'un récent congrès de la Société française d'endocrinologie.

Tests hormonaux et compléments : un manque de preuves

Les tests hormonaux, qui analysent le sang ou les urines pour mesurer les taux d'hormones, sont jugés « inutiles » par la docteure Anna Gosset, gynécologue médicale au centre spécialisé dans la prise en charge de la ménopause du centre hospitalier universitaire de Toulouse. En effet, les taux hormonaux fluctuent beaucoup pendant la transition ménopausique. Les compléments alimentaires, essentiellement à base de phytoestrogènes, sont souvent présentés comme soulageant les symptômes. Pourtant, la docteure Gosset souligne qu'aucun d'entre eux n'a fait l'objet d'études confirmant son efficacité.

Les tendances autour de la testostérone suscitent des inquiétudes

La testostérone constitue une autre tendance. Présentée comme une hormone « miracle » contre les bouffées de chaleur ou la fatigue, elle ne bénéficie, selon des experts internationaux, d'aucune preuve solide de ces effets, sauf dans le cas du trouble du désir sexuel hypoactif (TDSH). La docteure Yveline Ansaldi, gynécologue médicale à l'hôpital privé Saint-Joseph à Paris, indique qu'aucune formulation de testostérone n'est actuellement adaptée au traitement de la ménopause. Un surdosage peut par ailleurs entraîner des effets indésirables tels que l'acné, une pilosité accrue, une chute de cheveux et des risques cardiovasculaires potentiels.

Le manque de recherches révèle des lacunes dans la prise en charge

Le manque de recherches scientifiques sur la ménopause constitue une préoccupation majeure. La docteure Ansaldi affirme qu'il « reste des progrès à faire » dans la prise en charge, notamment en matière d'évaluation globale et systématique de la santé des femmes pendant la ménopause. Un article publié en 2025 dans la revue BMJ a mis en lumière les inquiétudes suscitées par la multiplication des offres commerciales destinées aux femmes cherchant à atténuer les symptômes de la ménopause, soulignant que « la désinformation sur la ménopause nuit aux soins ».