L'expérience est essentielle pour les infirmiers du SMUR

Pour travailler au sein du SMUR (Structure Mobile d'Urgence et de Réanimation), les infirmiers doivent posséder une large expérience, car ils peuvent être appelés à prendre en charge toutes sortes de situations, de l'accouchement à la réanimation, en tout lieu. Gaël de Beaudrap, infirmier au Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) de Marseille, a travaillé en soins intensifs de cardiologie, dans une unité de réanimation pluridisciplinaire et dans un centre de traitement des grands brûlés avant de rejoindre le SAMU, où il exerce depuis 26 ans.

Les équipes SMUR et les vérifications du matériel

À Marseille, sept équipes médicales du SMUR sont disponibles 24 heures sur 24. Quatre de ces équipes sont rattachées à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et trois sont composées de sapeurs-pompiers. À leur arrivée au SMUR, les équipes vérifient d'abord le véhicule qui leur est attribué. Contrairement à l'hôpital, où l'on procède à des transmissions de patients, au SMUR, la transmission porte sur le matériel.

La préparation de chaque mission

Avant de commencer leurs missions, les équipes effectuent un contrôle minutieux de tout le matériel, des seringues jusqu'aux boulons du camion. Cette étape est cruciale, car, à la différence de l'hôpital où les fournitures manquantes peuvent être rapidement remplacées, sur le terrain, qu'il s'agisse du domicile d'un patient, du dessous d'une voiture ou d'un hélicoptère, un équipement manquant peut avoir des conséquences critiques. Cette préparation rigoureuse demande du temps, mais les équipes doivent toujours être prêtes à répondre à un appel d'urgence.

Des responsabilités variées et une logistique complexe

Les équipes du SMUR assument un large éventail de tâches, depuis les missions courantes, comme la préparation des commandes et la gestion de la logistique, jusqu'à la préparation face à des situations sanitaires exceptionnelles. Elles contrôlent également l'hélicoptère et valident sa disponibilité avec le pilote et l'assistant de vol. L'hélicoptère permet de gagner du temps, que ce soit lors d'urgences primaires pour sauver une vie ou lors de transferts secondaires pour conduire les patients vers des soins spécialisés.

Interventions primaires et secondaires

Les infirmiers du SMUR interviennent dans deux grands types de situations. Les interventions primaires consistent à prendre en charge des patients dans des situations critiques, comme des accidents de la route ou des infarctus, dans le but de stabiliser le patient et de le transporter à l'hôpital. Les interventions secondaires consistent à transférer des patients de petits hôpitaux vers des établissements plus grands, dotés de plateaux techniques plus avancés. L'hélicoptère est utilisé dans les deux cas pour gagner du temps et améliorer les issues pour les patients.

Contrainte de temps et travail d'équipe

Chaque départ, en particulier en hélicoptère, est chronométré. Pendant les vols, l'équipe peut assister le pilote et l'assistant de vol, notamment lors des atterrissages sur des terrains difficiles. L'objectif est de réagir rapidement et de gagner du temps, ce qui est essentiel pour tous les types de patients et de pathologies. Toutefois, les contraintes météorologiques peuvent limiter le temps passé sur place, ce qui ajoute à la pression.

Structure et rôles au sein du SAMU

Le SAMU comprend trois unités : le centre de régulation des appels, les services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) et le centre d'enseignement des soins d'urgence. Le SMUR dispose de camions, d'hélicoptères et de voitures, et l'équipe comprend au minimum un médecin et un infirmier. Les ambulanciers accompagnent également l'équipe et l'aident pour le matériel et les procédures. Lors des transferts secondaires, un étudiant en médecine ou un interne peut être présent afin de découvrir le métier.

Défis et évolution sur le terrain

Malgré les progrès en matière d'équipements et de compétences, l'esprit d'équipe entre les infirmiers du SMUR s'est affaibli avec le temps. Le matériel s'est amélioré, mais le sentiment de camaraderie n'est plus aussi fort qu'autrefois. Les infirmiers doivent également travailler avec les sapeurs-pompiers, les forces de l'ordre et d'autres services d'urgence, ce qui exige souplesse et collaboration. La charge émotionnelle du métier est importante, et des dispositifs de soutien sont désormais en place pour aider à faire face à l'impact psychologique de cette activité.