Un récent rapport de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dresse un état des lieux de la répartition des dépenses de santé en France pour l’année 2025. Le montant total des dépenses de santé, mesuré dans un contexte international sous l’appellation DCSi, s’élève à 353,2 milliards d’euros, soit une hausse de 3,3 % par rapport à l’année précédente. Le document souligne que les dépenses consacrées aux médicaments et aux soins ambulatoires progressent à un rythme plus modéré, tandis que les fonds alloués à la prévention repartent à la hausse, et que les dépenses liées aux soins de longue durée enregistrent un regain de croissance. Les administrations publiques, qui incluent le système de Sécurité sociale ainsi que les collectivités locales et l’État, prennent en charge la majorité de ces coûts, à hauteur de 77,4 %. Le niveau de financement public varie selon le type de soins. Pour les soins hospitaliers, le taux de couverture atteint un niveau très élevé, à 94 %, mais il chute en dessous de 50 % pour des postes comme les lunettes ou les appareils auditifs. Depuis 2010, le financement public a augmenté pour la plupart des postes de dépenses de santé, à l’exception des frais de gestion et des activités techniques ou auxiliaires. Cette progression s’explique en grande partie par le vieillissement de la population et l’augmentation du coût des traitements et équipements médicaux entièrement pris en charge par l’État, notamment dans le cadre du programme des affections de longue durée (ALD). Les organismes d’assurance maladie couvrent quant à eux 12,3 % des dépenses totales. Ils assument en particulier une part importante des dépenses d’optique médicale, à hauteur de 69 % en 2025, ainsi que 48 % des frais liés aux appareils auditifs et 46 % de ceux relatifs aux soins dentaires et aux prothèses. Ils prennent également en charge 52 % des frais de gestion du système de santé. Les ménages, enfin, assument 9,7 % des dépenses de santé, un léger recul par rapport aux 9,8 % enregistrés en 2024. Dans l’Union européenne, la part moyenne des dépenses de santé à la charge des ménages s’élève à 14,8 % du DCSi. La France figure ainsi parmi les pays où les restes à charge sont les plus faibles au sein de l’UE, derrière le Luxembourg et la Croatie. En moyenne, les ménages français ont dépensé 495 euros par an en 2025 pour leur santé, soit une hausse de 1,6 % par rapport aux 487 euros de 2024. Toutefois, cette moyenne masque d’importantes disparités selon l’âge ou l’état de santé, notamment pour les soins de longue durée. Plus précisément, les soins de longue durée représentent en moyenne 207 euros de dépenses pour les ménages, les soins ambulatoires 112 euros, les médicaments 67 euros et les dispositifs médicaux 52 euros. Le rapport précise que ces chiffres n’intègrent pas les dépenses supplémentaires engagées par les ménages au titre des cotisations d’assurance maladie ou pour des prestations non couvertes par l’étude.