La crise climatique appelle à une remise en question des politiques

Stéphane Salord, coprésident de l'association Arc Fleuve Vivant, plaide pour une réévaluation des politiques d'aménagement du territoire face aux récentes crises climatiques. Il souligne la nécessité de prendre en compte les risques liés aux événements météorologiques extrêmes, tels que les fortes pluies et les incendies de forêt, qui touchent de plus en plus des régions comme la Provence.

De fortes pluies frappent la Provence avec des cumuls record

De fortes pluies se sont abattues sur la Provence les 19 et 20 octobre 2026, provoquant d'importants dégâts et un décès à Saint-Mitre-les-Remparts. Les cumuls ont atteint jusqu'à 240 millimètres en 24 heures à Port-de-Bouc, et des quantités tout aussi élevées ont été relevées dans d'autres secteurs, représentant entre un tiers et plus de 40 % des précipitations annuelles moyennes de ces régions.

Incendies et fortes pluies aggravent les dégâts environnementaux

Cet épisode fait suite à un été marqué par de graves incendies, qui ont brûlé plus de 45 000 hectares de forêt en France, soit davantage que le total de l'année 2025 tout entière. La combinaison du feu et des fortes pluies a aggravé l'érosion des sols et les glissements de terrain, causant des dommages dans des secteurs comme Istres et Saint-Chamas, et entraînant la fermeture de routes ainsi que des perturbations ferroviaires.

Le retrait-gonflement des argiles touche de vastes zones de la France

L'impact des phénomènes météorologiques extrêmes est encore compliqué par le retrait-gonflement des sols argileux, qui affecte une part importante du territoire français. Selon une carte nationale d'exposition publiée en janvier 2026, 55 % de la France est classée en exposition moyenne ou forte à ce risque, concernant plus de 12,1 millions de logements, Aix-en-Provence étant particulièrement vulnérable.

Les dégâts aux infrastructures révèlent la vulnérabilité au climat

Les récentes fortes pluies ont déclenché des glissements de terrain et des fermetures de routes, mettant en lumière la vulnérabilité des infrastructures face aux événements liés au climat. Ces incidents s'inscrivent dans une tendance plus large d'accroissement des défis climatiques, qui incluent sécheresses, incendies et instabilité des sols, Météo-France relevant un doublement de la fréquence des épisodes de fortes précipitations en Méditerranée depuis les années 1960.

Appels à des moratoires et à la participation du public

Stéphane Salord préconise des interdictions temporaires des projets susceptibles d'accroître les risques d'inondation ou de modifier le cours de l'eau, en particulier dans les zones à haut risque. Il insiste sur la nécessité d'évaluer les effets cumulés de plusieurs projets à l'échelle d'un bassin versant, et de rendre les données hydrologiques accessibles au public, afin que les communautés locales puissent participer aux décisions.