Un système éducatif en crise

La conférence nationale sur la transformation du système éducatif aux Comores a conclu que le secteur de l'éducation traverse une profonde crise. Le financement du système repose largement sur l'aide internationale, puisque 66 % du soutien provient de partenaires multilatéraux et bilatéraux. Entre 1994 et 2025, ces partenaires ont apporté près de 59 milliards de francs, mais le système continue de faire face à des problèmes récurrents et à un manque d'adaptation aux besoins locaux.

Le désintérêt des élèves pour les sciences et les mathématiques

La conférence a constaté que les élèves des Comores se détournent de plus en plus de matières comme les sciences et les mathématiques. Cela s'explique par le manque de sensibilisation précoce aux notions scientifiques et par le mauvais accès à l'équipement. Beaucoup d'élèves considèrent les mathématiques comme une matière réservée à une élite, et les méthodes d'enseignement sont jugées trop théoriques et difficiles à comprendre.

Un manque d'accent sur l'éducation numérique

Malgré l'importance croissante des technologies numériques dans l'éducation moderne, la conférence a constaté que les outils numériques sont presque totalement absents des discussions à tous les niveaux d'enseignement. Cela révèle un manque important de prise de conscience des avantages potentiels de l'éducation numérique pour améliorer les résultats d'apprentissage et s'adapter aux besoins actuels.

Insatisfaction et difficultés des enseignants

Les enseignants des Comores ont exprimé une profonde insatisfaction à l'égard de leurs conditions de travail et du manque de soutien du ministère de l'Éducation. Beaucoup estiment que leurs préoccupations sont ignorées et que leurs revendications en faveur de meilleures conditions restent sans réponse depuis des années. Cette situation a entraîné absentéisme, grèves et baisse de la qualité de l'enseignement, en raison de la démotivation des enseignants.

Enseignants vacataires et conditions de travail précaires

Le système éducatif repose fortement sur des enseignants à temps partiel et vacataires, y compris dans l'enseignement supérieur. En 2024, près de 22 % du personnel enseignant en dehors de l'Université des Comores étaient vacataires. Plus d'un tiers des enseignants interrogés ont déclaré enseigner sans rémunération, une situation qui contribue à la faible motivation et à la baisse de la qualité de l'enseignement, pouvant parfois conduire à une inflation des notes et à un traitement inéquitable des élèves.

Formation insuffisante des enseignants

Une part importante des enseignants des Comores ne dispose pas d'une formation pédagogique adéquate. Près d'un tiers (32,4 %) des enseignants interrogés déclarent n'avoir reçu aucune formation préalable, et 37,8 % affirment n'avoir bénéficié que d'une préparation partielle ou insuffisante avant de prendre leurs fonctions. Ce manque de formation affecte la qualité globale de l'enseignement et les résultats d'apprentissage des élèves.

Dépendance à l'aide internationale

Les Comores ont reçu une aide internationale substantielle pour leur système éducatif, dont le montant est passé de 1,8 milliard de francs entre 1994 et 2009 à 33,6 milliards de francs (67 millions d'euros) entre 2018 et 2025. Malgré cela, les dépenses publiques consacrées à l'éducation restent faibles, à 2,2 % à 2,5 % du PIB, et l'essentiel du budget de l'éducation est consacré aux salaires, laissant les écoles mal équipées et dépourvues d'infrastructures adaptées.