L’écrivaine américaine Annie Dillard, figure majeure de la littérature de la nature et de la méditation spirituelle, est morte mardi 15 septembre 2026 à l’âge de 81 ans. Elle avait reçu le prix Pulitzer en 1975 pour Pèlerin à Tinker Creek. Son œuvre a été principalement publiée en France par Christian Bourgois, qui en a traduit une grande partie. Elle est décédée à son domicile de South Wellfleet, dans le Massachusetts. Sa mort a été confirmée par son exécuteur testamentaire, l’écrivaine Maggie Nelson, selon sa famille, citée par l’Associated Press.
Née Meta Ann Doak le 30 avril 1945 à Pittsburgh, en Pennsylvanie, elle a étudié la littérature au Hollins College, en Virginie, où elle a consacré sa thèse à Walden de Henry David Thoreau. La comparaison avec ce grand écrivain transcendantaliste américain devait l’accompagner tout au long de sa carrière, sans pour autant épuiser une œuvre où l’observation scientifique, la théologie, la poésie et la réflexion sur la violence du monde naturel s’entrelacent sans cesse.
Elle n’avait que 28 ans lorsque Pèlerin à Tinker Creek a été publié en 1974. S’appuyant sur une année passée à observer les alentours de Tinker Creek, en Virginie, Annie Dillard a composé un texte difficile à classer : récit naturaliste, essai philosophique, journal d’observation et quête spirituelle s’y mêlent. L’année suivante, l’ouvrage recevait le prix Pulitzer dans la catégorie Essai général. Pourtant, la nature selon Annie Dillard n’a rien de paisible ni de simplement contemplatif. Insectes, oiseaux, cours d’eau, parasites et prédateurs deviennent autant de portes d’entrée vers des questions sur la beauté, la cruauté, le hasard ou l’existence de Dieu. Cette façon de faire émerger la métaphysique à travers une observation minutieuse du réel est devenue l’une des signatures de son travail.
Après ce succès, elle a poursuivi une œuvre délibérément dispersée à travers les genres : Enseigner à parler aux pierres (1982), Une enfance américaine (1987), La Vie en écriture (1989), le roman historique Les Vivants (1992), Pour le temps présent (1999) ou Les Maytrees (2007). Elle a également enseigné plus de vingt ans à l’université Wesleyenne, dans le Connecticut. En 2015, Barack Obama lui a remis la Médaille nationale des sciences humaines, attribuée pour l’année 2014, en hommage à ses réflexions sur « la vie humaine et la nature ».
Très traduite en France, l’œuvre d’Annie Dillard y a trouvé un public attentif. C’est principalement Christian Bourgois qui, depuis le début des années 1990, a construit la réception de son travail. Pèlerin à Tinker Creek a été publié en français en 1990, dans une traduction de Pierre Gault, avant plusieurs rééditions, dont une nouvelle édition de poche en 2022. Le même éditeur a également publié Une enfance américaine, traduit par Claude Grimal et Marie-Claude Chenour ; Enseigner à parler aux pierres, traduit par Béatrice Durand ; ainsi que Les Vivants et Pour le temps présent, tous deux traduits par Brice Matthieussent. Au présent a été traduit par Sabine Porte, tandis que son dernier roman, Les Maytrees, publié en français en 2008, a été traduit par Pierre-Yves Pétillon. Son premier recueil de poèmes, Billets pour un moulin à prières, est arrivé en France en 2020 sous le titre Tickets for a Prayer Wheel, traduit par Brice Matthieussent et publié par Héros-Limite. Avec Enseigner à parler aux pierres ou Pour le temps présent, Annie Dillard a aussi fait de l’acte d’écrire lui-même un objet d’examen. Chez elle, observer, lire et écrire procèdent d’un même effort d’attention : tenter de saisir ce qui, dans le monde ordinaire, échappe habituellement au regard.
Annie Dillard, autrice lauréate du prix Pulitzer, s'éteint à 81 ans
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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