Le budget 2027, présenté par le Conseil des ministres le 1er octobre, se concentre sur deux domaines clés de la production culturelle française : la télévision publique et la chaîne privée Canal+. Le budget global alloué aux services audiovisuels publics devrait diminuer, passant de 3,863 à 3,816 milliards d’euros. France Télévisions, qui produit la majorité des contenus télévisuels originaux du pays, verra ses financements réduits de 47 millions d’euros. Cela s’ajoute à une baisse de 80 millions d’euros en 2026, et sa présidente, Delphine Ernotte Cunci, estime que la réduction totale pour 2027 atteindra 90 millions d’euros. Cette situation intervient alors que les recettes publicitaires diminuent et que l’inflation augmente. Selon une source interne citée par AFP, le budget consacré aux programmes originaux de France Télévisions devrait chuter à 380 millions d’euros l’an prochain. Le groupe a déjà supprimé une douzaine de soirées de fictions originales par an, et certains droits sportifs, dont ceux de la Coupe de France, pourraient également être réduits. Des syndicats de producteurs comme le SPI, l’Uspa et AnimFrance critiquent le plan de restructuration du gouvernement, qu’ils jugent trop sévère.
Côté secteur privé, les coupes sont encore plus importantes. Le taux réduit de TVA à 10 % appliqué aux services de télévision payante est relevé à 20 %, ce qui impacte Canal+ et Ligue 1+. Le ministère français de l’Économie, Bercy, justifie cette mesure par le fait que la distinction entre chaînes payantes et plateformes de streaming n’est plus pertinente. Ce changement devrait coûter environ 200 millions d’euros par an à Canal+. Selon Les Échos, la chaîne pourrait réduire ses investissements dans le cinéma. Ligue 1+, la chaîne de football professionnel, est également touchée par cette nouvelle taxe. Le taux de 10 % précédent permettait de compenser Canal+ pour ses engagements en faveur du cinéma français, qui incluent un investissement de 980 millions d’euros entre 2028 et 2032. Le Syndicat des Audiovisuels et de la Communication (SACD) considère cette nouvelle taxe comme une remise en cause d’une taxe culturelle accordée en échange de ces engagements. L’État maintient ses obligations mais récupère les avantages financiers.
Le budget prévoit également de rééquilibrer le financement du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). La réduction de 66 % dont bénéficiaient YouTube et TikTok sur la taxe vidéo est supprimée. La contribution de YouTube au CNC devrait ainsi passer d’environ 15 à 30 millions d’euros par an. Si cette hausse est réelle, elle s’accompagne d’un coût élevé : le CNC recevra 15 millions de plus de la part de YouTube, mais l’État perdra 200 millions d’euros en provenance de Canal+. Cette politique marque un tournant dans la doctrine de « l’exception culturelle », qui ciblait jusqu’ici la régulation des nouvelles plateformes numériques. Désormais, la loi culturelle générale rattrape les médias traditionnels. Le CNC évite pour l’instant tout prélèvement sur ses réserves ou limitation de ses taxes affectées. Cependant, cette situation relève davantage d’un sursis temporaire que d’une garantie à long terme, Bercy ayant demandé le gel des budgets des opérateurs du CNC.
Le calendrier de ces mesures ajoute une ironie politique. À quelques mois de l’élection présidentielle, chaque candidat devra se prononcer sur le financement de la culture et sur qui doit en assumer le coût. Le débat sur l’avenir de la production audiovisuelle et cinématographique française risque de devenir un enjeu central dans les prochains échanges politiques.
Le budget français de 2027 modifie les cadres de financement et de fiscalité culturelle
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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