Léger's new book explores themes of confession and identity

Le nouveau livre de Nathalie Léger, Le Principe de Wellington (P.O.L, 2026), prolonge son exploration littéraire des rapports qu'entretiennent les femmes avec les images et le langage, dans la continuité de textes antérieurs comme Virginia de Castiglione et Barbara Loden. Le livre est décrit comme un examen fragmenté de la confession, de l'identité et des difficultés de la parole, avec un titre choisi pour sa dimension ironique et énigmatique.

Le titre renvoie à une plaisanterie freudienne et à une consigne

Le titre Le Principe de Wellington se rattache à une plaisanterie absurde impliquant le duc de Wellington, figure que Freud associait à l'ironie par le biais de l'absurde. Il reflète également l'idée d'un ordre ou d'une consigne, thème qui revient tout au long du récit et qui façonne la structure et le contenu du texte.

Structure et dualité narrative

Le livre s'ouvre sur un « on » qui fonctionne à la fois comme un « je » et comme un « nous », introduisant d'emblée une dualité entre croyance, pensée et réalité. Cette ambivalence est un motif récurrent, et le texte se divise en 195 fragments, une structure que la narratrice attribue à une consigne : « Si cela peut t'aider, mets des numéros, c'est utile pour les débutants. »

La lutte de la narratrice avec la confession

La narratrice de Léger est décrite comme une femme tiraillée entre le désir de se confier et la crainte d'être mal comprise. Le texte explore les thèmes de l'imitation, de l'identité et de la nature performative de l'existence, en s'appuyant sur des références littéraires et cinématographiques. La narratrice est souvent présentée comme une interprète, qui imite les émotions et les rôles des autres pour mieux se comprendre elle-même.

Le frère, à la fois allié et source de conflit

Le livre explore également la relation complexe entre la narratrice et son frère, qui apparaît tour à tour comme une figure de soutien et une source de conflit. Cette dynamique est décrite comme un « duo de clowns », qui met en lumière la tension entre protection et contradiction. Le frère aide à résoudre les conflits intérieurs de la narratrice, même si la résolution demeure ambiguë.

Le rôle de Léger dans la préservation littéraire

L'œuvre de Léger est liée à son rôle de directrice de l'IMEC (Institut mémoires de l'édition contemporaine), institution qui abrite un vaste fonds d'archives de la littérature contemporaine. Ce lien témoigne de son engagement envers le passé littéraire et de l'influence des écrivains qui l'ont précédée sur son travail.

La poursuite d'un projet littéraire plus vaste

Le Principe de Wellington s'inscrit dans un projet littéraire plus large, consacré aux femmes qui ont redéfini leur place par l'image et la performance, comme Emily Dickinson et Barbara Loden. Le travail récent de Léger, notamment Suivant l'azur (2020), poursuit cette exploration, avec une plus grande insistance sur l'exposition personnelle et la révélation de soi.

Entre exposition et retenue

Le style d'écriture de Léger se caractérise par une tension entre surexposition et retenue. Elle décrit sa démarche comme guidée par la ruse et un goût pour la dissimulation plutôt que par la pudeur. Le récit à la première personne est présenté comme un dispositif complexe, à la fois impersonnel et précis, qui ouvre la voie à des interprétations variées.

Enfermement littéraire et réflexion

Le texte est décrit comme une forme d'enfermement littéraire, où la narratrice trouve réconfort et force dans les livres. Ceux-ci constituent une source d'énergie et un moyen d'organiser son existence, offrant un contrepoint à l'importance accordée aujourd'hui au dévoilement et à la révélation. Le livre propose une exploration nuancée de la confession, de l'identité et du processus littéraire lui-même.