Un poisson-lune peut porter jusqu'à 300 millions d'œufs, la fécondité la plus élevée chez les vertébrés, mais il est menacé par les captures accidentelles.
Record de fertilité du poisson-lune
Le poisson-lune, ou Mola mola, peut peser plus de deux tonnes et avoir une envergure de plus de trois mètres. Cette espèce détient le record de fertilité le plus élevé jamais mesuré chez un vertébré, avec près de 300 millions d'œufs logés dans le corps d'une seule femelle.Taille des œufs et stratégie de survie
Une femelle de poisson-lune mesurant 1,37 mètre contiendrait environ 300 millions d'œufs, chacun d'un diamètre d'environ 1,3 mm. Cette fertilité extrême illustre une stratégie de reproduction de type r, qui privilégie la quantité plutôt que les soins parentaux, en raison du taux de survie très faible des larves.Attribution de la fertilité et confusion entre espèces
Ce record de fertilité est attribué au zoologiste danois Johannes Schmidt, qui a estimé qu'une femelle de poisson-lune mesurant 1,37 mètre contenait environ 300 millions d'œufs. L'identification exacte de l'espèce étudiée par Schmidt fait toujours débat aujourd'hui.Stratégie de reproduction et défis de survie
Le poisson-lune adopte une stratégie de reproduction de type r, produisant un grand nombre de descendants et misant sur le fait qu'une fraction infime d'entre eux survivra. Dans l'océan, les larves de poisson-lune affrontent un monde hostile, peuplé de prédateurs avides de plancton, dès leur éclosion.Record de poids du poisson-lune
Ce même poisson détient un autre record, celui du poisson osseux le plus lourd jamais pesé : un spécimen de Mola alexandrini retrouvé mort près de l'île de Faial, dans les Açores, pesait 2 744 kilogrammes pour une longueur de 3,25 mètres, selon une étude publiée dans le Journal of Fish Biology.État de conservation et menaces
Malgré cette fertilité extraordinaire, l'espèce Mola mola est classée comme vulnérable sur la Liste rouge de l'UICN. La principale menace identifiée reste la capture accidentelle, en particulier dans les filets dérivants, comme le souligne le Parc naturel marin d'Iroise. Une étude récente menée par Rouyer et ses collègues a toutefois documenté pour la première fois, grâce au marquage par satellite, la survie d'un poisson-lune après une capture accidentelle suivie d'une remise à l'eau, une donnée encourageante pour la conservation de l'espèce.