Origines de l'ordinateur Setun

Le Setun a été créé en 1958 à l'université d'État de Moscou par Nikolaï Broussentsov et Sergueï Sobolev. Il utilisait un système ternaire à trois états (-1, 0 et +1), au lieu du système binaire à deux états.

Le système ternaire et ses débuts

Le Setun est considéré comme le premier ordinateur électronique ternaire. Cependant, son concept avait un prédécesseur mécanique : en 1840, Thomas Fowler a conçu une machine à calculer en bois utilisant un système ternaire, bien qu'elle ne fût pas électronique.

Caractéristiques techniques du Setun

Le Setun utilisait le système ternaire équilibré, dans lequel chaque chiffre, appelé « trit », pouvait valoir -1, 0 ou +1. Ce système permet à un trit de transporter environ 60 % d'informations en plus qu'un bit, ce qui réduit le besoin de câblage électrique.

Conception et composants du Setun

Le Setun utilisait des noyaux magnétiques et des diodes au lieu de transistors, qui étaient rares en Union soviétique à l'époque. Il comportait environ 4 000 noyaux magnétiques, 4 000 diodes, 100 transistors et 40 tubes à vide.

Production et utilisation

Entre 1959 et 1965, environ 50 unités du Setun ont été produites et utilisées dans des universités, des centres de recherche et des structures industrielles. La chaîne de production a été arrêtée en 1965, probablement en raison de décisions administratives et de la domination des systèmes binaires.

Héritage et influence

Malgré sa production limitée, les principes de conception du Setun ont influencé des développements ultérieurs. Broussentsov a ensuite travaillé sur le Setun-70, un modèle expérimental, et le système de programmation DSSP émule son architecture.

Intérêt actuel et statut

Le Setun reste unique, en tant que seul ordinateur ternaire jamais construit. Si certaines recherches modernes explorent les systèmes ternaires pour gagner en efficacité, aucun ordinateur ternaire commercial n'a encore été développé.

L'héritage de Nikolaï Broussentsov

Nikolaï Broussentsov, qui a dirigé le projet Setun, est décédé en 2014. Ses travaux continuent d'être étudiés, et des recherches récentes suggèrent un regain d'intérêt pour l'informatique ternaire, susceptible de réduire les coûts de l'intelligence artificielle.