Un ordinateur historique restauré

Le Harwell Dekatron, un ordinateur britannique mis en service en 1951, utilisait 828 tubes Dekatron pour calculer en décimal plutôt qu'en binaire. Il avait été conçu pour l'Atomic Energy Research Establishment de Harwell, dans l'Oxfordshire, et devait compter en base dix, exactement comme les humains le font avec leurs dix doigts.

Conception et fonctionnement des tubes Dekatron

Le Harwell Dekatron s'appuyait sur des tubes Dekatron, capables de représenter un chiffre de 0 à 9 grâce à une décharge électrique visible, qui se déplaçait d'une électrode à l'autre. Avec 828 de ces tubes associés à 480 relais électromécaniques, la machine disposait d'une mémoire et d'une capacité de calcul suffisantes pour traiter les opérations mathématiques liées aux programmes de recherche sur l'énergie nucléaire.

Du laboratoire à l'enseignement

Une fois devenu obsolète pour les besoins scientifiques de Harwell, l'ordinateur aurait pu finir à la ferraille, comme beaucoup d'autres machines de sa génération. En 1957, cependant, ses responsables eurent l'idée d'offrir la machine en prix à l'établissement d'enseignement qui proposerait le meilleur projet de réutilisation.

Redécouverte et restauration

Retiré du service, l'appareil connut une brève exposition au Birmingham Museum of Science and Industry avant de sombrer dans un long sommeil. Démonté et entreposé pendant plusieurs décennies, il aurait pu rester un souvenir poussiéreux si une équipe du National Museum of Computing ne l'avait pas retrouvé en 2008.

Reconnaissance et importance

En 2013, Guinness World Records a officiellement certifié le Harwell Dekatron, également connu sous le nom de WITCH, comme le plus ancien ordinateur numérique d'origine encore en état de fonctionnement au monde. Ce titre prend tout son sens lorsque l'on sait à quel point les machines de cette génération avaient la réputation d'être capricieuses.