En 1966, les autorités locales ont scellé l’accès à une carrière de craie en Normandie, mettant ainsi fin à toute visite touristique ou exploration de ses galeries souterraines. Au fil des années, aucun travail archéologique, aucune construction ou opération immobilière n’a justifié le maintien de la fermeture du site. Pourtant, chaque hiver, dès les premières gelées, un phénomène discret mais massif se produit sous la surface. Ce ne sont ni des humains ni des machines qui occupent l’espace, mais des milliers de chauves-souris venues y trouver un refuge pour hiberner. Il s’agit de Caumont-sur-Seine, où l’histoire d’une carrière abandonnée se mêle à l’une des cohabitations les plus fascinantes de la faune normande.
La carrière est désormais clôturée et classée en réserve naturelle régionale, car toute perturbation pendant l’hibernation peut épuiser les réserves d’énergie des chauves-souris et entraîner leur mort. Bien que fermée depuis 1966, la carrière n’a jamais été véritablement abandonnée. Avant de devenir un sanctuaire pour les chauves-souris, elle a joué un rôle majeur dans le patrimoine bâti de la région. Pendant des décennies, ses galeries souterraines ont fourni du calcaire de haute qualité utilisé dans la construction de monuments emblématiques, dont la cathédrale de Rouen et le Muséum d’histoire naturelle du Havre. Cependant, son destin a basculé en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Organisation Todt, agissant pour le compte du régime nazi, a réquisitionné le site pour y construire des infrastructures militaires. La proximité de la Seine et la profondeur de ses galeries en ont fait un emplacement idéal pour des installations dissimulées. Après la guerre, l’exploitation minière a repris brièvement avant de cesser définitivement, laissant le site dans un silence qui ignorait qu’il deviendrait bientôt un refuge pour la faune sauvage.
Ce qui rend Caumont-sur-Seine unique, c’est la présence de milliers de chauves-souris qui envahissent chaque hiver les galeries souterraines. Il ne s’agit ni d’un mythe ni d’une exagération : les conditions de ces grottes artificielles sont parfaites pour l’hibernation. Des températures stables, une humidité constante et une obscurité totale font de la carrière un hibernaculum idéal, un terme désignant un site protégé pour l’hivernage. Ce phénomène n’est pas exclusif à Caumont. En Normandie, les carrières d’Orival, dans le Calvados, servent également de réserve naturelle pour l’hibernation des chauves-souris, et dans le Pas-de-Calais, la carrière de Cléty est devenue un refuge similaire. Ces sites autrefois industriels ont été reconvertis par la nature en havres de paix pour des espèces de chauves-souris menacées.
Parmi les espèces présentes dans ces carrières figurent le Petit Rhinolophe, le Grand Murin et le Vespertilion des caves – certaines des chauves-souris les plus vulnérables d’Europe. Ces animaux sont directement victimes de la disparition des habitats naturels, car les arbres creux et les vieux bâtiments se font de plus en plus rares. Les carrières artificielles comme celle de Caumont sont devenues essentielles à leur survie. La fermeture du site depuis 1966, initialement motivée par des raisons de sécurité, a involontairement offert un refuge crucial à ces colonies fragiles. Conscientes de l’importance écologique du lieu, les autorités locales l’ont officiellement protégé, en clôturant le site pour éviter les perturbations tout en permettant aux chauves-souris d’utiliser les passages naturels dont elles ont besoin. Cette approche a déjà donné des résultats encourageants ailleurs en Normandie, où l’on observe une augmentation significative des espèces recensées dans des carrières protégées similaires. En coulisses, ces efforts transforment discrètement d’anciens sites industriels en sanctuaires vitaux pour la biodiversité locale.
Une carrière abandonnée en Normandie devient refuge d'hiver pour des chauves-souris menacées
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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