L'IA transforme la profession juridique

La profession juridique connaît une transformation majeure sous l'effet de l'intelligence artificielle (IA), désormais au cœur des préoccupations des cabinets d'avocats qui veulent rester compétitifs. Selon les experts, les cabinets capables de s'adapter rapidement, d'expérimenter et d'intégrer l'IA dans leurs méthodes de travail disposeront d'un avantage considérable.

Un changement de dynamique

Traditionnellement, les grandes évolutions du secteur juridique profitaient aux cabinets capables de se payer des logiciels sophistiqués ou des équipes spécialisées. Or, l'IA modifie cette dynamique : des outils de haute qualité sont désormais largement accessibles, ce qui réduit la valeur stratégique d'un accès exclusif à la technologie.

L'expérimentation, clé du succès

Ethan Mollick, professeur à Wharton, souligne que le potentiel de l'IA dans n'importe quelle profession est souvent inconnu et ne peut être découvert que grâce à une « expérimentation rigoureuse ». Une étude du MIT publiée en 2025 a révélé que la plupart des projets pilotes d'IA menés dans les entreprises ne donnent pas de résultats mesurables, ce qui met en évidence un déficit d'apprentissage à la fois sur le plan technologique et sur le plan organisationnel.

Les dirigeants doivent s'impliquer activement

Selon Laurent Salanié, la transformation ne peut pas être laissée à d'autres. Les dirigeants doivent participer activement au processus plutôt que de se contenter d'observer. Les meilleures applications de l'IA se développent par essais et erreurs, en commençant par des tâches simples comme la synthèse de documents ou la rédaction de courriers.

Apprendre plutôt qu'investir

Le passage de l'investissement à l'apprentissage pourrait profiter aux cabinets d'avocats de taille moyenne, qui peuvent former leurs équipes et partager efficacement les bonnes pratiques. Satya Nadella, PDG de Microsoft, insiste sur le fait que si le travail peut être externalisé, l'apprentissage, lui, ne le peut pas, et que la révolution technologique actuelle exige que les dirigeants s'impliquent activement dans l'apprentissage plutôt que de se contenter d'investir.