Amazon a annoncé un investissement d’un milliard de dollars sur cinq ans pour répondre aux tensions locales liées à l’expansion de ses centres de données. L’entreprise affirme que les critiques proviennent de campagnes de désinformation étrangères. Cependant, l’organisation Stand.Earth critique vivement cette initiative, la qualifiant d’opération de gestion de crise, et soulignant le manque de transparence ainsi que l’impact environnemental désastreux d’une centrale électrique au gaz naturel financée par le géant du numérique. L’aide financière proposée par Amazon reste dérisoire comparée aux investissements colossaux de l’entreprise et aux problèmes réels de pollution. Amazon a récemment annoncé un engagement de plus d’un milliard de dollars sur cinq ans destiné aux communautés situées à proximité de ses centres de données aux États-Unis. Le géant du cloud s’est engagé à atténuer les impacts de ses infrastructures sur la consommation d’électricité et d’eau. Amazon, Meta, Oracle et d’autres opérateurs de centres de données font face à des critiques croissantes en raison de l’impact environnemental catastrophique de leurs infrastructures. Selon Matt Garman, PDG d’Amazon Web Services (AWS), les communautés proches de leurs installations décideront elles-mêmes « de la répartition de ces fonds entre l’éducation, la formation professionnelle, l’accessibilité énergétique, la préservation de l’eau et de l’énergie, ainsi que d’autres priorités locales ». Amazon promet également que le déploiement de ses infrastructures n’entraînera ni une hausse des factures d’électricité ni l’épuisement des ressources en eau locales. L’entreprise affirme viser un bilan hydrique positif d’ici 2030, tout en précisant que les trois quarts de ses projets y répondent déjà. Par ailleurs, Amazon met fin à l’utilisation d’accords de confidentialité controversés lors de la construction de ses nouveaux centres de données. Cette initiative a été saluée pour la transparence qu’elle apporte. Selon un billet publié vendredi par Matt Garman, l’entreprise a déjà investi plus d’un milliard de dollars dans les communautés abritant un grand nombre de centres de données au cours des trois dernières années. Pourtant, les détracteurs des centres de données estiment que ces mesures ne compensent en rien les impacts négatifs de ces infrastructures. La stratégie défensive d’Amazon face à la concurrence technologique. Le dirigeant a également mis en garde contre la propagation de ce qu’il qualifie de « désinformation sur l’impact des centres de données sur l’environnement et les prix de l’électricité ». Faisant référence à des théories similaires à celles de l’ancien président américain Donald Trump sur les « campagnes de désinformation étrangères », Matt Garman affirme que les adversaires des États-Unis tentent de « nous piéger pour nous ralentir ». En présentant ses engagements, Amazon cherche à convaincre le public que « l’opposition citoyenne aux centres de données repose sur des contre-vérités ». Par ailleurs, Matt Garman a évoqué les risques liés aux plus de 100 moratoires sur ces centres actuellement à l’étude dans tout le pays. Il souligne la nécessité de mettre fin aux appels à moratoire pour éviter que l’IA américaine ne prenne du retard face à la Chine. Les préoccupations liées à l’impact environnemental des centres de données. L’engagement d’Amazon intervient alors que les centres de données, piliers de l’IA et du cloud computing, sont devenus un enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat, les géants de la tech se livrant une course effrénée pour investir davantage dans l’expansion de ces infrastructures numériques. Les petits centres de données existent depuis des décennies et passent généralement inaperçus auprès des résidents. Mais l’explosion des chatbots basés sur l’IA a donné naissance à des centres de données d’une taille sans précédent, présents dans presque toutes les villes. Certains dépassent des stades de football et des usines, et consomment plus d’énergie que de petites villes, une échelle de construction qui inquiète. Amazon a indiqué en juillet qu’il prévoyait désormais d’allouer 220 milliards de dollars à ses dépenses d’investissement en 2026, dont une partie sera destinée aux centres de données et autres investissements technologiques. Ce chiffre est supérieur à son estimation précédente de 200 milliards de dollars. Donald Trump a exprimé son soutien à la construction de nouveaux centres de données, mais les électeurs se montrent de plus en plus sceptiques. Environ six Américains sur dix sont favorables à la limitation du nombre de nouveaux centres de données pouvant être construits, y compris une majorité de démocrates et de républicains. Certains hommes politiques américains ayant soutenu les centres de données n’ont pas été réélus par les habitants. En outre, une majorité d’Américains déclarent être « extrêmement » ou « très » préoccupés par l’impact des centres de données sur les prix de l’électricité ou l’approvisionnement en eau dans les communautés où ils sont implantés.