Apple a précisé qu’elle avait retiré l’application ICEBlock de son App Store non pas sous la pression de l’administration Trump, mais pour protéger les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux États-Unis, à la suite d’une fusillade dans un centre de détention de l’ICE à Dallas, au Texas, en septembre 2025. L’entreprise a détaillé cette position dans une lettre adressée à Jamie Raskin, représentant démocrate et membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, dont le contenu a été partagé par CNN. Raskin avait lancé en juin une enquête sur le rôle du département de la Justice (DoJ) dans le retrait d’ICEBlock et d’applications similaires des boutiques d’applications d’Apple et de Google. ICEBlock, développée par Joshua Aaron, avait été retirée de l’App Store en décembre 2024, deux mois après le dépôt d’un recours contre l’administration Trump. Pam Bondi, alors procureure générale des États-Unis, avait confirmé dans un communiqué que le gouvernement avait contacté Apple pour demander le retrait de l’application, ce qu’Apple avait fait. L’application avait été réapprouvée en avril 2025 après que le développeur eut renforcé ses fonctionnalités de protection de la vie privée. ICEBlock permettait aux utilisateurs d’alerter les autres en cas de descentes de l’ICE à proximité. La fusillade de Dallas en septembre 2025 a fait trois morts : deux détenus et l’auteur des tirs. Apple affirme qu’après cet événement, Pam Bondi s’est dite inquiète quant au fait qu’ICEBlock pouvait représenter une menace pour la sécurité des agents fédéraux. Kash Patel, alors directeur du FBI, a déclaré que le tireur avait recherché des applications pour localiser les agents de l’ICE. Apple a également signalé une augmentation des activités et des menaces visant l’agence, ce qui, selon Timothy Powderly, responsable des affaires gouvernementales chez Apple, pouvait mettre en danger à la fois les agents et les détenus. Ces éléments ont conduit à un nouvel examen de l’application. Apple a conclu qu’ICEBlock et des applications similaires violaient ses règles en offrant potentiellement une feuille de route pour des violences ciblées et en créant un risque important de préjudice. L’entreprise a indiqué qu’elle n’intervient pas à la légère dans le retrait d’applications, mais uniquement lorsque des préoccupations majeures pour la sécurité se font jour. Jamie Raskin a répondu à la lettre d’Apple en faisant valoir que le retrait de l’application porte atteinte aux droits garantis par le Premier amendement, notamment le droit de documenter et de rendre compte des activités gouvernementales. Il a souligné qu’aucune preuve ne permet d’établir que ces applications aient été utilisées lors de la fusillade de Dallas. Bien que le tireur ait pu rechercher des applications pour localiser les agents de l’ICE, Raskin a fait remarquer que ce dernier aurait pu utiliser des applications préinstallées comme Apple Maps pour trouver l’emplacement du centre de détention. Il a questionné le lien direct entre la fusillade et le retrait des applications, demandant à Apple de mener une nouvelle évaluation indépendante pour déterminer si ces applications violaient effectivement les règles de l’App Store.