Professeur condamné à Tahiti

Un professeur d'informatique de l'Université de Paris-France (UPF) a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Tahiti à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis, pour des faits incluant le proxénétisme de mineures, la tentative d'agression sexuelle et la fourniture d'alcool et de drogue à des adolescentes.

Le prévenu nie les accusations

Le prévenu a nié les accusations et qualifié les mineures de « squatteuses ». Il a évité la détention provisoire. Le président du tribunal a répondu à cet argument : « Vous dites qu'elles sont des squatteuses, mais c'est vous qui les avez ramenées chez vous ! »

Une affaire portée par une association

L'affaire a été reprise par l'Équipe Action contre le proxénétisme (EACP), une association fondée en 1971. Lors de sa plaidoirie, Me Béatrice Eyrignoux, de l'EACP, a affirmé que les victimes se trouvaient dans une « précarité psychologique » et une « grande détresse ».

Le parquet dénonce une exploitation

Le procureur de la République a souligné que le procès concernait « l'exploitation de la précarité et de la vulnérabilité de ces jeunes filles », dénonçant un « mode opératoire répété » de la part d'un homme présentant une « déviance sexuelle avec une attirance fixée sur des jeunes filles en début de puberté ». Le parquet a requis cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis, ainsi qu'une interdiction d'exercer auprès de mineurs ou dans le secteur public.

La défense conteste les qualifications

L'avocate du professeur, Me Marie Eftimie-Spitz, a défendu son client en affirmant que son domicile était devenu un « refuge » pour les mineures et qu'il n'avait jamais commis d'actes inappropriés. Elle a contesté la qualification de proxénétisme de mineures, estimant qu'il n'y avait pas d'« échanges programmés contre une rémunération ».

Le coprévenu s'enfuit en Chine

Le coprévenu, qui devait comparaître aux côtés du professeur, s'est enfui en Chine au début des débats et fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt. Le professeur, ayant étudié à Oxford, est désormais interdit d'exercer une profession en lien avec des mineurs et est inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv).