La France ne produit que 1 % de ses besoins en pétrole sur son sol, ce qui alimente le débat sur la relance de l'extraction d'hydrocarbures face aux objectifs climatiques et aux enjeux économiques.
Une production pétrolière limitée en France
La France ne produit que 1 % de sa consommation de pétrole, à partir de 64 gisements de pétrole et de gaz actifs dans les bassins d'Aquitaine et de Paris, selon Virginie Schadler de L'essentiel. Le reste des besoins du pays en pétrole est couvert par les importations.Modification législative proposée
Marine Le Pen a proposé d'abroger la loi Hulot de 2017, qui interdit la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur le territoire français d'ici 2040. Elle affirme que l'abrogation de cette loi éviterait à la France de sombrer dans « le sous-développement et la ruine économique ».Réserves incertaines
Bien que certaines régions, en particulier le bassin de Paris, présentent un potentiel de découverte d'hydrocarbures, comme le pétrole de schiste, les explorations menées en Guyane n'ont pas confirmé de réserves économiquement exploitables. L'étendue réelle des ressources disponibles reste incertaine.Positions de l'industrie et des défenseurs de l'environnement
Matthieu Auzanneau, militant écologiste, affirme que la reprise de l'extraction d'hydrocarbures est « parfaitement incompatible avec nos engagements climatiques ». L'industrie pétrolière, en revanche, soutient qu'une telle production pourrait financer la fermeture des puits et des projets de décarbonation.Classification des réserves
Blandine Ruty, d'Ufip Énergies et Mobilités, explique que les réserves sont classées en trois niveaux (1P prouvées, 2P probables et 3P possibles) selon les normes internationales. Les réserves prouvées et exploitables d'ici 2036 sont estimées à 5 millions de tonnes, soit l'équivalent de 10 ans de consommation.Défis de l'exploration
Auzanneau souligne le « potentiel très incertain » du pétrole de schiste dans le bassin de Paris, notant que la confirmation des réserves prendrait des années. Relancer l'exploration, ce qui entrerait en conflit avec la loi Hulot, ne garantit pas des réserves suffisantes pour réduire sensiblement la dépendance de la France aux importations.Résultats de l'exploration en Guyane
En 2011, du pétrole a été découvert dans les eaux profondes de la Guyane, mais les forages d'évaluation menés par Shell et TotalEnergies n'ont pas confirmé de gisement économiquement viable. Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a indiqué que l'entreprise avait dépensé près de 400 millions d'euros sans succès.Débat politique
En 2025, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a cherché à « ouvrir le débat » sur la levée de l'interdiction des hydrocarbures, mais il s'est heurté à l'opposition des ministres de la Transition écologique et de l'Énergie. Un projet de loi visant à autoriser la recherche d'hydrocarbures dans les territoires d'outre-mer a ensuite été rejeté par l'Assemblée nationale en 2026.Implications à long terme
Le délai entre la découverte et la mise en production peut s'étendre sur plusieurs décennies, si bien que les retombées économiques de l'exploitation mettent des années à se concrétiser. Ce calendrier est en contradiction avec l'Accord de Paris et les objectifs de décarbonation de la France.Industrie contre objectifs climatiques
Alors qu'Auzanneau insiste sur le fait que la reprise de la production pétrolière est incompatible avec les engagements climatiques, Ruty soutient que la poursuite de la production maintient une activité industrielle responsable et finance les efforts de décarbonation. La France doit désormais relever le défi de concilier ces priorités concurrentes.