L'Ukraine lance son premier satellite national

L'Ukraine a lancé son premier satellite conçu sur son sol, baptisé OBRIA NANO, dans le cadre d'un effort visant à réduire sa dépendance aux services satellitaires étrangers. Le satellite a été mis en orbite le 1er octobre, lors de la mission Transporter-18 de SpaceX, qui transportait également des charges utiles d'autres entreprises, dont des puces d'intelligence artificielle de Google.

Un satellite conçu par des entreprises ukrainienne et danoise

Le satellite OBRIA NANO a été développé par l'entreprise ukrainienne HIMERA et le fabricant danois GomSpace. Il est désormais opérationnel et sert à tester des technologies qui guideront la conception d'une future constellation de satellites placés sous contrôle ukrainien.

La portée limitée d'OBRIA NANO

Le projet OBRIA NANO ne vise pas à couvrir l'ensemble de la planète, comme le fait Starlink de SpaceX, mais à desservir au minimum le théâtre régional. Actuellement, Starlink est utilisé pour les communications civiles en Ukraine, tandis que sa version militaire, Starshield, sert au guidage et au ciblage des drones ukrainiens sur le champ de bataille.

La dépendance de l'Ukraine à Starlink

Elon Musk avait précédemment déclaré que si Starlink était coupé, le front ukrainien « s'effondrerait immédiatement ». Un incident récent, au cours duquel Starlink et Starshield ont été restreints pendant une dizaine de jours, a rappelé à l'Ukraine le coût de cette dépendance. Le 14 octobre, l'armée ukrainienne a constaté, sans avertissement préalable, que Starshield était restreint.

Le rôle des États-Unis dans les restrictions

Elon Musk a d'abord écrit, le 14 octobre, que ces limitations avaient été décidées par l'armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. Washington a renvoyé la responsabilité vers Musk, qui a finalement accusé Kiev, le 24 octobre, de violer les conditions d'utilisation de Starlink par des frappes offensives de drones, ce que l'Ukraine a démenti.

Rétablissement des services Starlink

Le 24 octobre, le ministère ukrainien de la Défense a constaté le retour à la normale de Starlink et de Starshield, avec une connexion stable au-delà de 400 km/h. Cet incident a toutefois produit l'effet d'un choc électrique, mettant en lumière la dépendance de l'Ukraine à des satellites étrangers, tant pour les communications que pour l'observation du front.

La réponse russe aux satellites ukrainiens

À la mi-octobre, le satellite militaire russe Kosmos 2612 a été repéré à proximité d'ICEYE-X36, un satellite radar commercial dont Kiev utilise les images. Il s'est éloigné au bout de quelques jours, mais Kiev a bien compris l'avertissement. Le réseau satellitaire prévu par l'Ukraine doit compléter les réseaux satellitaires européens, comme le projet IRIS².

Un avenir incertain pour le réseau satellitaire ukrainien

HIMERA et GomSpace n'ont communiqué aucune date de déploiement de la constellation OBRIA. D'ici là, les drones ukrainiens continueront d'utiliser les satellites d'Elon Musk. Toutefois, si Kiev veut retrouver de bonnes cartes dans son jeu, il doit bien commencer quelque part. Et plus vite ce sera, mieux ce sera.