Les soins contre le cancer en Guadeloupe confrontés à une pénurie de médecins

Les hôpitaux de Guadeloupe disposent d'équipements modernes pour le traitement du cancer, mais le manque de médecins entraîne des retards de prise en charge. Certains patients se rendent en métropole pour bénéficier d'un traitement plus rapide en raison de ces retards.

Des taux de survie plus faibles en Guadeloupe

Une étude de février 2024 de l'Institut national du cancer (INCa) a révélé que le taux de survie à cinq ans des patients atteints d'un cancer en Guadeloupe est globalement inférieur à celui de la métropole. Pour sept des dix cancers étudiés, l'écart de survie est significatif, le cancer de l'utérus présentant une différence de 20 points.

Moins d'oncologues en Guadeloupe

La Guadeloupe compte trois fois moins d'oncologues par habitant que la métropole. Le Dr Abdoul Djamal Moukaila, de l'Agence régionale de santé (ARS), souligne que la densité d'oncologues est de 0,8 pour 100 000 habitants en Guadeloupe, contre 2,6 en métropole.

Les retards de prise en charge pèsent sur la guérison

Les retards de traitement causés par le manque de médecins réduisent les chances de guérison des patients. Carina Guillaume, qui accompagne les patients en tant que patiente-partenaire, affirme que si la qualité des soins est bonne, le manque de médecins peut être fatal dans les cas de cancer.

Un taux élevé de cancer de la prostate

La Guadeloupe figure parmi les territoires au taux de cancer de la prostate le plus élevé au monde, avec environ 500 nouveaux cas par an. Le professeur Laurent Brureau, urologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Guadeloupe, souligne qu'il s'agit d'une préoccupation majeure.

Le vécu des patients révèle des problèmes structurels

Victor, un patient qui s'est rendu à Paris pour des examens plus rapides, affirme que le CHU de Guadeloupe est aujourd'hui vétuste, avec des signalements récents de rats dans le bloc opératoire. Il ajoute qu'il a la chance de pouvoir financer ce déplacement et de disposer de sa famille pour l'accueillir.

Des retards liés au personnel et à la confiance

Les médecins reconnaissent que le manque de personnel est un problème réel. Le professeur Olivier Parant, gynécologue au CHU, note que si les équipements et les traitements sont comparables à ceux de la métropole, les retards peuvent atteindre plusieurs semaines. Les dépistages tardifs sont parfois dus à la méfiance envers l'hôpital ou au recours à la médecine traditionnelle.

Des efforts pour attirer de nouveaux médecins

Les autorités sanitaires tentent d'attirer de nouveaux médecins en proposant des primes et en misant sur le nouveau CHU. Le Dr Moukaila reconnaît la difficulté du recrutement, qui touche l'ensemble de la région.

Un nouvel hôpital source d'espoir

L'ouverture d'un nouvel hôpital en Guadeloupe suscite de l'espoir. Le service d'oncologie radiothérapie, dirigé par le Dr Florence Sacino, s'y est installé, bénéficiant d'installations et d'équipements plus modernes, ce qui permet de raccourcir les traitements et de prendre en charge davantage de patients.

Une formation locale pour les futurs médecins

Les étudiants en médecine peuvent désormais achever leurs études sur place jusqu'à la fin de leur sixième année. La première promotion vient tout juste de terminer son cursus, mais le professeur Parant craint qu'elle ne quitte la Guadeloupe pour de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail.