Fernanda Jarry, agricultrice de 52 ans, doit faire face à une transition difficile, du statut de conjointe collaboratrice à celui de cogestionnaire d'exploitation, en raison de nouvelles réglementations.
Le changement de statut de Fernanda Jarry
Fernanda Jarry, productrice agricole de 52 ans, passe du statut de conjointe collaboratrice à celui de co-exploitante, malgré ses inquiétudes face à la pression financière supplémentaire. Elle avait auparavant choisi le statut de conjointe collaboratrice parce qu'il lui permettait de travailler sur l'exploitation sans emploi formel, tout en lui offrant une protection sociale et une souplesse pour s'occuper de ses enfants, dont sa fille de 14 ans, malentendante.Contexte du statut de conjointe collaboratrice
Le statut de conjointe collaboratrice a été instauré en 1999 afin de garantir une protection sociale à de nombreuses épouses d'agriculteurs qui, sans cela, n'auraient bénéficié d'aucune couverture. Toutefois, la loi Chassaigne, qui limite ce statut à cinq ans par carrière, signifie que d'ici la fin de 2026, près de 9 400 des 16 000 conjointes collaboratrices immatriculées devront changer de statut afin de bénéficier d'une protection sociale plus complète.La réaction émotionnelle de Fernanda
Fernanda Jarry a décrit un sentiment d'être « expulsée de [sa] ferme » lorsqu'elle a appris ce changement, craignant d'avoir à accepter un emploi en usine. Cela l'a conduite à des nuits sans sommeil et à une dépression, mais une conseillère de la MSA, Isabelle Clanchier, l'a aidée à comprendre la réforme et ses avantages potentiels.Les difficultés de la transition
Isabelle Clanchier souligne que de nombreuses femmes dans une situation similaire gèrent des tâches administratives et commerciales plutôt que de conduire des machines. La transition soulève des inquiétudes quant aux coûts, en particulier dans un contexte économique déjà difficile. L'exploitation de Fernanda Jarry, qui comprend 22 hectares de châtaigniers, de volailles élevées en plein air et de daims, a été confrontée à des problèmes tels qu'une baisse des rendements des châtaignes en raison de la sécheresse, ainsi qu'à la hausse des coûts du gaz et de l'alimentation animale.Les implications financières
Isabelle Clanchier suggère de créer une société (GAEC ou SCEA) et d'augmenter légèrement la production, mais les Jarry jugent cette option financièrement irréalisable. Elle reconnaît que les exploitations aux revenus plus élevés et disposant de plus de salariés ont eu une transition plus aisée. Pour les Jarry, devenir co-exploitants en 2027 signifiera partager les revenus de l'exploitation, mais aussi ajouter 2 000 euros de cotisations par an, qu'ils appellent leur « budget vacances ». Les premières années, ils bénéficieront d'une réduction dégressive des cotisations afin d'alléger progressivement la charge financière.