Les agriculteurs français demandent une aide de l'État

Les agriculteurs français réclament l'aide du gouvernement après un été marqué par la sécheresse et la chaleur extrême, qui ont affecté leurs cultures et leur bétail. Ils doivent désormais faire face aux travaux agricoles d'automne et déposer des demandes d'aide financière d'urgence.

Les travaux d'automne passent en priorité

Isabelle Clanchier, conseillère à la Mutualité sociale agricole (MSA) en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne, explique que les agriculteurs se concentrent sur les tâches urgentes, comme la récolte des pommes ou des châtaignes, les agnelages ou les vêlages, et n'ont pas encore fait des demandes d'aide une priorité. La caisse d'assurance des agriculteurs (Sécu) les contacte depuis la mi-septembre, par téléphone, par courriel et par SMS, pour les informer des aides disponibles.

Les aides prennent plusieurs formes

Les aides comprennent un soutien psychologique, la prise en charge de cotisations sociales, une aide pour les périodes de repos et des mesures d'urgence de l'État. Certains fonds ont été débloqués en avril pour le gazole non routier (GNR), puis en juillet pour couvrir le coût des engrais après le blocage du détroit d'Ormuz.

Des demandes d'aide peu nombreuses entraînent des changements

Entre avril et août, 74 millions d'euros ont été versés sur un total de plus de 250 millions pour le GNR. Pour l'aide aux engrais, 17 millions d'euros ont été demandés sur 145 millions, somme qui doit être utilisée d'ici la fin de 2026. En raison du faible nombre de demandes, le ministère de l'Agriculture a rouvert les guichets pour le GNR et a autorisé le dépôt, dans les demandes d'aide, de factures d'engrais non encore payées.

Les agriculteurs subissent une pression psychologique et physique

Les conseillers de la MSA signalent que les agriculteurs sont confrontés à une surcharge de travail, à des traumatismes psychologiques, à une fatigue extrême, à un sentiment d'isolement et à de lourdes pertes financières. Les premiers appels ont été passés à des éleveurs de volailles bretons, qui ont vécu le traumatisme d'avoir à enterrer des carcasses d'animaux en juin, à cause de la chaleur.

Une aide de trésorerie annoncée pour les agriculteurs

En septembre, le gouvernement a annoncé 235 millions d'euros, à distribuer par les préfets pour aider les agriculteurs qui ne pouvaient pas acheter d'animaux ou de semences. Dans le Finistère et les Côtes-d'Armor, environ 4 500 demandes ont été déposées sur 16 000 agriculteurs, pour 8,2 millions d'euros. Le formulaire comptait quinze pages et 80 questions.

Les montants varient et les démarches sont complexes

Les grandes exploitations ont été aidées par leurs comptables, tandis que les petites ont eu du mal à faire face à la complexité de la procédure. Laëtitia Le Bras Jacob, directrice adjointe de la MSA Armorique, souligne que les agriculteurs comparent le temps passé à remplir les dossiers avec le montant de l'aide reçue. Pour le GNR, l'aide n'atteint parfois qu'une centaine d'euros, alors que l'aide de trésorerie peut aller jusqu'à 4 000 euros, voire 10 000 euros pour certains, selon la région.

L'aide ne suffira pas forcément à tout le monde

En Dordogne, Isabelle Clanchier qualifie le formulaire de « très simple et simplifié », mais le montant moyen versé sera probablement plus faible. Avec l'arrivée progressive des aides sur les comptes bancaires depuis début octobre, certains agriculteurs pourront tenir l'année, « peut-être pas deux », selon les conseillers. D'autres pourraient choisir d'arrêter leur activité ou de se mettre en grève.