L'Algérie arrête 61 Marocains accusés de sabotage, mais les médias marocains jugent ces accusations exagérées.
Les autorités algériennes arrêtent des ressortissants marocains
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) algérienne a annoncé dimanche 11 octobre l'arrestation de 61 ressortissants marocains plus tôt dans le mois. Ces personnes étaient accusées de préparer des « actes de sabotage susceptibles de porter atteinte à la sécurité et à l'ordre public », selon le site d'information algérien TSA, qui citait le communiqué de la DGSN.Détails des arrestations et itinéraires de transit
Les personnes interpellées ont été décrites comme « extrêmement dangereuses ». Elles auraient transité par la Tunisie avant d'entrer illégalement en Algérie. Elles ont emprunté des « sentiers de montagne escarpés et des passages forestiers isolés » à El Kala, une région de la wilaya d'El Tarf située à la frontière tunisienne, avant de rejoindre Oran par voie terrestre.Éléments visuels et manque de précisions
Sur la chaîne publique Canal Algérie, les images diffusées en même temps que le communiqué de la DGSN montraient les personnes arrêtées de dos, menottées, ainsi que des gros plans de passeports et d'autres documents d'identité saisis par la police algérienne. Les autorités n'ont toutefois fourni aucun détail sur la nature des actions envisagées ni sur leurs cibles éventuelles.Scepticisme des médias marocains
De nombreux médias marocains ont mis en doute les affirmations des autorités algériennes. Ainsi, le quotidien marocain Assabah s'est moqué du nombre élevé d'« agents » arrêtés, suggérant que l'opération ressemblait à un « voyage touristique en groupe » plutôt qu'à une menace sérieuse pour la sécurité.Explications alternatives et calendrier des arrestations
Le site marocain Maroc diplomatique a relevé des incohérences dans le récit algérien, tandis qu'une source non officielle citée par Jeune Afrique a avancé que les personnes arrêtées pourraient être des migrants cherchant à rejoindre l'Europe. Le360 a relevé le moment des arrestations, les reliant à l'adoption attendue d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental, prévue fin octobre.Tensions diplomatiques et politique de visas
En octobre 2024, trois ans après la fin officielle des relations diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé le rétablissement de l'obligation de visa pour les ressortissants marocains, invoquant des « raisons de sécurité ». Cette décision faisait suite à des allégations selon lesquelles des espions israéliens munis de passeports marocains se seraient infiltrés en Algérie, selon le quotidien londonien Al-Quds.