Les espèces de baleines qui migrent à travers le globe parcourent chaque année des milliers de kilomètres entre les eaux froides et les eaux tropicales. Pourtant, une population est restée dans la même zone si longtemps qu’elle a développé sa propre trajectoire unique. La baleine à bosse d’Arabie est devenue presque méconnaissable.
La Wildlife Conservation Society et ses partenaires omanais ont démontré, dans une étude publiée en août 2026 dans Frontiers in Marine Science, que les grandes baleines confinées à la mer d’Arabie forment une lignée génétiquement isolée des autres populations. Jusqu’à présent, tous ces animaux appartenaient à une seule famille répartie dans tous les océans, sans que l’on suspecte une telle divergence. La baleine à bosse d’Arabie accumule des différences génétiques, un mode de vie sédentaire et un chant que nulle autre population ne partage.
Contrairement à toutes les autres baleines à bosse, celles de la mer d’Arabie ne migrent pas. Alors que leurs cousines font la navette entre les eaux polaires, riches en nourriture, et les tropiques, où elles se reproduisent, ces baleines sédentaires restent toute l’année dans les eaux chaudes au large d’Oman et de l’Inde. Elles trouvent leur nourriture grâce à la mousson, qui agite les profondeurs et fait remonter le plancton à la surface.
Pour mesurer cet isolement, l’équipe de Rita Amaral à la Wildlife Conservation Society a comparé l’ADN de 47 individus de la mer d’Arabie à 2 285 séquences de baleines à bosse venues du monde entier. Les résultats sont sans équivoque : les échanges génétiques avec les autres populations sont quasi inexistants. Ce groupe affiche aussi la plus faible diversité génétique de toutes les régions étudiées, signe d’une population réduite et repliée sur elle-même.
Cet isolement n’est pas récent. En retraçant l’horloge génétique, les chercheurs estiment que cette lignée s’est séparée des autres il y a entre 43 000 et 113 000 ans, pendant la période glaciaire, alors que les humains modernes venaient tout juste de quitter l’Afrique. Depuis, ces baleines n’ont pratiquement plus mélangé leurs gènes avec ceux du reste de l’espèce.
Leur signature la plus révélatrice s’entend sous l’eau. Les mâles de la mer d’Arabie chantent une mélodie qui leur est propre, partagée entre les côtes d’Oman et de l’Inde, mais nulle part ailleurs. Chez cette espèce, le chant des baleines se transmet et évolue d’un groupe à l’autre comme une tendance. Ici, coupés de leurs voisins, il a divergé dans son coin jusqu’à devenir un langage à part entière.
Cette singularité a un prix. Aujourd’hui, on dénombre moins de 100 individus au large d’Oman, où le suivi est le plus régulier, et leur nombre n’a pas augmenté en vingt ans. La population compte parmi les baleines les plus menacées au monde et est classée « en danger » sur la Liste rouge de l’UICN.
Dans ces eaux très fréquentées, les menaces s’accumulent. Plus des deux tiers des animaux examinés portent des cicatrices laissées par des filets de pêche, signe de prises répétées. S’y ajoutent les collisions avec des navires, le bruit des plates-formes pétrolières et un trafic maritime intense qui perturbe leurs échanges sonores.
Reconnaître officiellement cette population n’est donc pas seulement une question de taxonomie. En la nommant Megaptera novaeangliae indic, quatrième lignée reconnue de baleines à bosse, les chercheurs espèrent surtout renforcer sa protection. Une sous-espèce clairement identifiée peut en effet bénéficier de mesures de conservation plus ciblées dans les programmes internationaux.
Les baleines à bosse d'Arabie forment une lignée génétiquement isolée
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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