En 2025, des archéologues du CNRS ont récupéré 22 blocs du Phare d'Alexandrie, une merveille du monde antique, afin de créer un jumeau numérique et percer ses secrets de construction.
Des archéologues remettent au jour des blocs du phare antique
En juin 2025, une équipe du CNRS a récupéré 22 blocs importants sur le site du phare d'Alexandrie, dont une porte monumentale de style égyptien construite selon une technique grecque. Ces blocs s'inscrivent dans les efforts continus visant à étudier l'ancienne structure et son histoire.Reconstitution numérique du phare
Les blocs sont numérisés par photogrammétrie, puis transmis à la Fondation Dassault Systèmes afin de créer un jumeau numérique du monument. Cela aidera les chercheurs à comprendre comment le phare a été bâti et pourquoi il a fini par s'effondrer.Importance historique du phare
Le phare d'Alexandrie, haut d'environ 100 mètres, était l'une des sept merveilles du monde antique. Il est resté inégalé sur le plan architectural pendant plus de mille ans avant d'être détruit par une série de séismes entre le Xe et le XIVe siècle.Fonction et emplacement du phare
Contrairement aux autres merveilles, le phare avait une fonction pratique : guider les navires vers le port d'Alexandrie, grande cité de la Méditerranée antique. Il était bâti sur l'île de Pharos, reliée à la côte égyptienne par une chaussée, et est devenu un symbole de la puissance alexandrine.Hybridation culturelle dans les vestiges
Les vestiges étudiés aujourd'hui témoignent d'un mélange d'influences égyptiennes et grecques. Parmi les pièces figure un pylône avec sa porte, de style égyptien mais réalisé selon une technique grecque, qui illustre la fusion culturelle de l'époque.Un long travail archéologique
L'opération, dirigée par Isabelle Hairy, archéologue et architecte au CNRS, s'inscrit dans un effort de longue haleine. Ces 22 blocs rejoignent une centaine d'autres déjà numérisés sous l'eau au cours des dix dernières années, formant un corpus de 5 000 blocs relevés au fil de trois décennies de fouilles.Redécouverte du phare immergé
Les vestiges submergés du phare ont été redécouverts en 1995 par l'archéologue Jean-Yves Empereur. Son équipe a répertorié plus de 3 300 objets au fond de l'eau, dont des sphinx, des obélisques et des colonnes, témoignant de la richesse ornementale du site.Continuité architecturale avec le fort Qaitbay
Certaines pierres du phare ont été réemployées pour bâtir le fort Qaitbay, toujours visible aujourd'hui. Ce réemploi représente un lien symbolique entre le phare antique et un édifice plus tardif, issu d'une autre époque.Soutien au projet de fouilles
La fouille actuelle, menée par le Centre d'études alexandrines du CNRS, bénéficie depuis trois ans du soutien de la Fondation Dassault Systèmes. La fondation a cofinancé la barge et la grue nécessaires au levage des blocs les plus lourds en 2025.Présentation des résultats de recherche
Les premiers résultats de cette collaboration ont été présentés en mai 2025 à Alexandrie, en présence du président français Emmanuel Macron et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, soulignant l'importance diplomatique et scientifique du projet.Reconstituer le phare numériquement
La reconstitution numérique du phare d'Alexandrie vise à redonner vie à un monument qui a longtemps frappé l'imagination. Les chercheurs espèrent enfin comprendre comment il a été construit et comment il s'est effondré sous l'effet de séismes répétés.