La région Île-de-France, qui inclut Paris, fait face à des recours juridiques concernant sa politique de mise à disposition de manuels scolaires « gratuits » via la plateforme numérique Pearltrees. Une rapporteure publique, fonctionnaire chargée d’examiner les actes administratifs, a présenté ses conclusions devant le tribunal administratif de Paris le 4 septembre. Elle a estimé que la région a outrepassé ses compétences en éditant et en distribuant des manuels scolaires, une prérogative généralement dévolue aux éditeurs nationaux ou privés. Les Éditeurs d’Éducation, un groupement représentant une douzaine de maisons d’édition et de marques pédagogiques, a appuyé les conclusions de la rapporteure. Ils ont fait valoir que le dispositif mis en place par la région Île-de-France depuis 2022 excède les pouvoirs des collectivités locales. Le groupement a souligné qu’aucun intérêt public local ne justifie une telle initiative et s’est dit prêt à reprendre la fourniture des manuels si le système actuel de la région était supprimé. Le tribunal administratif de Paris devrait rendre son arrêt définitif le 18 septembre. En attendant, la rapporteure publique a recommandé de reporter le retrait des « manuels gratuits » au 3 juillet 2027, afin d’éviter des perturbations pour les enseignants et les élèves. Ce délai permettrait d’organiser une transition en douceur. Toutefois, un précédent jugement du tribunal administratif de Montreuil avait ordonné le retrait des « manuels gratuits » pour le 30 septembre 2026. La région Île-de-France a fait appel de cette décision, ce qui pourrait modifier le calendrier. La région a défendu son initiative en affirmant que les manuels gratuits permettaient de répondre aux besoins pédagogiques, de soutenir les contraintes budgétaires et de garantir un égal accès à l’éducation. Le programme couvrait presque toutes les matières générales et les filières technologiques. Les coûts liés à l’utilisation de la plateforme Pearltrees Éducation, incluant l’accès pour les enseignants, les élèves et le personnel des lycées, étaient entièrement pris en charge par la région, pour un montant estimé à 18 millions d’euros. Les Éditeurs d’Éducation ont fait remarquer que leurs membres proposent plus de 800 titres pédagogiques compatibles avec l’environnement numérique régional français et ont appelé la région à se préparer à une transition pour assurer la pérennité d’un accès à des ressources éducatives de qualité.