Exposition au titre modifié à Besançon

Une exposition consacrée aux liens entre l'art et l'anarchisme, intitulée à l'origine « Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy », sera rebaptisée « L'Art en liberté. De Courbet au street art » lorsqu'elle sera présentée au Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon en février 2027. Ce changement a été décidé par la municipalité de droite de la ville, critiquée pour une possible censure de l'exposition.

Le maire souhaite une présentation neutre

Ludovic Fagaut, maire LR de Besançon, a déclaré que le titre initial était trop provocateur et qu'il souhaitait une présentation plus neutre de l'exposition. Anne-Rachel Schertz, adjointe au maire chargée de la culture, a expliqué que la ville voulait éviter un angle politique et faire en sorte que l'exposition soit inclusive et rassemble tous les visiteurs.

La co-commissaire approuve le changement

La co-commissaire Maël Vandewalle a confirmé que la décision avait été prise en concertation avec l'administration municipale. Ce changement traduit une stratégie de communication différente de celle adoptée lors de la première étape de l'exposition à Roubaix, où le titre original avait été conservé.

Des critiques y voient une censure

Certains critiques, dont le journaliste Lelo Jimmy Batista et Constance Rivière, du Musée national de l'histoire de l'immigration, ont qualifié le changement de titre d'acte de censure. Ils estiment qu'il vise à étouffer des perspectives historiques et à limiter la liberté de création, d'autant plus dans une ville aux fortes racines anarchistes.

Les commissaires insistent sur l'autonomie des institutions

Adèle Taillefait, la commissaire de l'exposition à Roubaix, a expliqué que, si le sujet de l'exposition a été élaboré en collaboration, chaque ville accueillant l'exposition détermine sa présentation. À Martigues, ville communiste, le titre original restera inchangé, l'administration locale soutenant le thème initial.

Le maire de Roubaix défend l'exposition

David Guiraud, maire LFI de Roubaix, a souligné que l'exposition n'est pas une prise de position politique, mais un parcours historique conçu par des historiens de l'art. Il a salué la démarche de Taillefait, qui a su garder une distance critique, permettant à l'exposition de restituer des idées militantes sans les cautionner.

Incertitudes sur les changements de contenu

Des questions demeurent quant à une possible modification du contenu de l'exposition et quant à savoir si ces changements traduisent un agenda politique. Le calendrier de ces modifications, en pleine mobilisation étudiante et à l'approche de l'élection présidentielle, alimente les interrogations sur les motivations du changement de titre.