À 350 mètres d’altitude dans la Montagne Noire, le lac Saint-Ferréol s’étend sur 67 hectares et contient environ 6 millions de mètres cubes d’eau. Construit entre 1667 et 1672, ce lac artificiel avait pour but d’alimenter le Canal du Midi, un ambitieux projet d’ingénierie dans le sud de la France. Le barrage qui retient ses eaux est épais plutôt que haut, et il est renforcé par des remblais sur ses faces amont et aval, conçus pour résister à la pression de l’eau. Le lac se situe à 35 kilomètres de Naurouze, un point stratégique du système canal. Le seuil de Naurouze, point culminant de l’itinéraire à 189 mètres d’altitude, devait être approvisionné par les eaux du lac. Pierre-Paul Riquet, l’ingénieur à l’origine du canal, est décédé en 1680, quelques mois avant l’inauguration de l’ouvrage en 1681. Peu après l’ouverture du canal, il apparut que le réservoir initial était trop modeste. Riquet avait prévu un volume de 3,5 millions de mètres cubes, mais après une inspection en 1685, l’ingénieur militaire Sébastien Le Prestre de Vauban recommanda d’agrandir le barrage. Cette modification porta la capacité du lac à 6 millions de mètres cubes, un volume inchangé depuis. Classé monument historique depuis 1997, le site continue de remplir sa fonction première : alimenter le Canal du Midi. L’eau met environ dix heures pour parcourir les galeries souterraines et les fossés jusqu’au seuil de Naurouze. Le projet de Riquet reposait sur la captation des eaux des rivières de la Montagne Noire, mais celles-ci connaissent des étiages marqués en période sèche. Pour pallier ce problème, il fit construire un grand barrage sur la rivière Laudot, dans la vallée de Saint-Ferréol. Achevé en 1672, le barrage fut mis en eau en 1675. À l’intérieur, une galerie donne accès à une salle des vannes où trois vannes en bronze régulaient autrefois le débit vers le canal. L’eau quitte le lac par une galerie inférieure, appelée voûte de drainage, avant de rejoindre le canal via le fossé de la plaine de Vauban. Ce fossé, qui serpente à travers le Lauragais, fut prolongé par Riquet à partir d’un ancien système de prise d’eau datant du XIVe siècle. Le barrage est parfois asséché pour permettre l’inspection de sa structure, une opération réalisée à plusieurs reprises, notamment en 2004 et entre 2016 et 2017. Lors de ces vidanges, le paysage sous-marin prend un aspect lunaire, révélant l’ampleur du barrage. Pendant ces inspections, les vannes libèrent un puissant jet d’eau, et une pyramide située près du barrage, utilisée pour mesurer les niveaux d’eau, réapparaît. Ces contrôles réguliers garantissent le bon fonctionnement du barrage, toujours essentiel au système du Canal du Midi.