Le 7 septembre 2026, un rassemblement s’est tenu sur l’Avenida Paulista, l’avenue principale de São Paulo, à l’occasion de la fête nationale brésilienne, le Jour de l’Indépendance. Des manifestants, certains brandissant des drapeaux brésiliens aux côtés de ceux des États-Unis et du Royaume-Uni, ont appelé Donald Trump à s’immiscer dans les élections brésiliennes. Une immense poupée gonflable représentant le président américain Donald Trump était exposée, tenant une caricature du président brésilien en exercice Luiz Inácio Lula da Silva, vêtu d’un uniforme de prisonnier. Ce rassemblement était mené par Flávio Bolsonaro, sénateur de Rio de Janeiro et candidat à la présidence, dans la foulée de l’emprisonnement de son père, Jair Bolsonaro, pour son rôle dans la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023. Les avocats de Flávio lui avaient conseillé d’éviter les attaques directes contre le système électoral et les institutions, comme l’avait fait son père, mais il a maintenu une rhétorique de confrontation pour séduire la base bolsonariste. Flávio Bolsonaro, âgé de 45 ans, a rejoint l’équipe juridique de son père en mars 2026 et était conscient des conséquences légales de ses déclarations publiques, son père ayant été disqualifié de la course à la présidence en 2022 pour ses discours contre le système électoral. Flávio cherchait à concilier l’attrait pour la base bolsonariste avec la nécessité d’éviter des répercussions juridiques. Sa carrière politique a débuté en 2002, lorsqu’il a été élu député régional à l’Assemblée législative de Rio de Janeiro à l’âge de 21 ans. Il a ensuite effectué quatre mandats et présenté 208 projets de loi, dont 51 ont été adoptés. Ses travaux législatifs se sont concentrés sur la sécurité publique, avec des propositions de peines plus sévères et de relâchement des conditions d’accès aux armes à feu. Il s’est également opposé aux quotas raciaux et a défendu la dictature militaire (1964-1985). Les relations de Flávio avec les forces de sécurité à Rio de Janeiro sont devenues problématiques alors que les milices gagnaient en influence. En 2007, il a publiquement défendu la légalisation des milices et voté contre une commission parlementaire d’enquête sur ces groupes. Il a été visé en 2020 par une enquête pour une prétendue pratique de « rachadinha » (un système où des fonctionnaires publics reçoivent une partie de leur salaire en échange de leur nomination), mais l’affaire a été classée sans suite pour des raisons de procédure. La stratégie politique de Flávio dans la campagne présidentielle de 2026 consistait à se différencier de son père en mettant en avant son statut vaccinal et en présentant une image de père de famille et croyant. Il a également cherché à s’aligner sur des figures internationales comme Donald Trump, Javier Milei et Nayib Bukele. Toutefois, son image publique variait selon son public, insistant sur la responsabilité budgétaire auprès des dirigeants économiques et présentant sa candidature comme une mission divine auprès des groupes religieux. Malgré ses efforts pour modérer son discours, Flávio a continué à défendre la baisse de l’âge de la responsabilité pénale, des peines plus sévères et le relâchement des lois sur la possession d’armes. Il a également proposé la castration chimique pour les condamnés pour viol et la classification des factions criminelles comme organisations terroristes. Le 7 septembre 2026, Flávio n’a pas directement attaqué le système électoral, mais il a qualifié la condamnation de son père de « persécution politique » et a mis en garde contre d’éventuelles ingérences dans les élections. Ce rassemblement s’est déroulé dans un contexte de course présidentielle serrée, les sondages indiquant des chances quasi égales pour Lula et Flávio en cas de second tour. Le Tribunal suprême fédéral était également en crise, le ministre André Mendonça remettant en question les contacts entre Alexandre de Moraes et un banquier accusé de fraude. Flávio a annoncé que, s’il était élu, il nommerait cinq des onze juges de la Cour suprême, y compris le renvoi de Moraes. Cette proposition visait à modifier la composition de la Cour et à potentiellement changer l’équilibre des pouvoirs contre le mouvement bolsonariste. La candidature de Flávio représente une nouvelle phase du bolsonarisme, cherchant à poursuivre le projet politique de son père tout en naviguant entre défis juridiques et politiques. Sa campagne vise à obtenir la libération de son père et sa réhabilitation politique, garantissant ainsi la survie et l’évolution du mouvement.