En 2018-2019, Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale sous la présidence d’Emmanuel Macron, affirmait qu’il n’y avait pas de mouvement étudiant significatif s’opposant à la réforme du lycée à cette époque. Il suggérait que la vague actuelle de protestations étudiantes reflétait un mécontentement plus large plutôt qu’un rejet spécifique de la réforme. Interrogé sur cette dernière, qui prévoyait notamment la suppression des filières S, ES et L – trois parcours distincts dans le système scolaire français –, Blanquer estimait que très peu d’élèves souhaiteraient revenir au système antérieur. Il insistait sur le fait que l’objectif principal de la réforme était d’offrir aux élèves davantage de choix dans leurs parcours, affirmant que, pour la première fois depuis cinquante ans, les programmes avaient été modifiés afin d’élever le niveau général de l’enseignement. Les enseignants de physique-chimie, confrontés aux exigences accrues des nouveaux programmes, peuvent en témoigner. Sur le plan social, Blanquer reconnaissait que la vie pouvait être difficile pour certaines familles et admettait que les racines de la mobilisation actuelle remontaient à une dizaine de jours auparavant. Il estimait qu’il aurait été préférable de répondre plus tôt aux préoccupations exprimées. Il est à noter que Blanquer avait déjà une expérience dans la gestion des mouvements de protestation, ayant réussi à étouffer une manifestation dans ses premiers stades à l’époque. Blanquer concluait que le premier quinquennat de la réforme avait été plus réussi que le second, évoquant des « zigzags entre 2022 et 2027 » comme une période d’incohérence. Il apportait discrètement son soutien à son ancien directeur général de l’enseignement scolaire, Édouard Geffray, qui avait occupé un poste clé dans le système éducatif français, soulignant la profonde connaissance du système scolaire dont dispose Geffray.