Après vingt-deux ans sans avoir procédé à aucune exécution, le Liban a officiellement aboli la peine de mort. Cette décision, annoncée récemment, marque un tournant majeur dans le paysage juridique du pays et intervient après des années de plaidoyer mené par des experts en droit et des organisations de défense des droits humains. Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, qui milite depuis longtemps pour l'abolition de la peine capitale, s'est exprimé auprès de France 24 sur l'importance de ce changement. Il a qualifié cette avancée de « miracle », soulignant combien il était autrefois considéré comme impossible d'atteindre un consensus sur une question aussi sensible. Najjar a également rappelé sa position personnelle, refusant de signer tout ordre d'exécution, ce qu'il a lié à sa conviction quant à la valeur de chaque vie humaine. La décision du Liban d'abolir la peine de mort s'inscrit dans un processus progressif qui a inclus des débats publics, des réformes juridiques et des pressions internationales. Le pays n'avait plus procédé à aucune exécution depuis 1999, mais l'abolition formelle écarte désormais toute possibilité d'exécutions futures, quelles que soient les circonstances, y compris pour des crimes tels que le terrorisme ou le meurtre. Cette initiative devrait influencer les discussions régionales sur les droits humains et la peine de mort au Moyen-Orient. Malgré cette victoire symbolique, le ministre de la Justice Ibrahim Najjar a reconnu les défis qui restent à relever. Ceux-ci incluent la garantie que le système judiciaire applique pleinement la nouvelle politique et que l'opinion publique continue de soutenir ce changement. L'abolition est perçue comme une étape vers un système judiciaire plus humain, mais le chemin pour intégrer pleinement ce principe dans le tissu juridique et social du Liban reste à parcourir.