Hausse des taux immobiliers sur toutes les durées de prêt

Les taux d'intérêt des crédits immobiliers en France ont continué de grimper en novembre 2026, les taux moyens augmentant pour toutes les durées de prêt, selon les données des courtiers Pretto et CAFPI. Chez CAFPI, les taux moyens pour les prêts sur 15 ans, 20 ans et 25 ans ont atteint respectivement 3,40 %, 3,61 % et 3,75 %, soit des hausses de 0,10, 0,10 et 0,17 point de pourcentage en un mois.

Des hausses de taux qui touchent différemment les catégories de revenus

Pretto indique que les ménages dont le revenu net imposable annuel est inférieur à 40 000 euros obtiennent désormais un taux moyen de 4,07 % sur 25 ans, tandis que ceux gagnant entre 40 000 et 80 000 euros bénéficient d'un taux moyen de 3,97 %. À l'inverse, les emprunteurs dont les revenus annuels dépassent 120 000 euros ont un taux moyen de 3,53 % sur 25 ans, soit 0,54 point de pourcentage de moins que pour les ménages les plus modestes.

La hausse des taux alourdit les mensualités

La remontée des taux a des conséquences financières pour les emprunteurs. Les simulations de Pretto montrent qu'un ménage empruntant 250 000 euros sur 20 ans au taux de 3,76 % doit désormais rembourser environ 1 484 euros par mois, hors assurance, la hausse du taux ajoutant 13 euros par mois, soit 3 115 euros sur la durée du prêt.

Le pouvoir d'achat immobilier recule dans les grandes villes

Le pouvoir d'achat immobilier des ménages continue de s'éroder. Selon les calculs de CAFPI, pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans, la surface accessible a diminué de 5,75 mètres carrés en un an à Rennes, de 10,61 % à Reims et de 3,90 mètres carrés à Marseille.

Les tensions sur le marché obligataire influencent les taux immobiliers

La hausse des taux immobiliers s'explique en partie par les tensions sur les marchés obligataires. Le 21 octobre, le taux auquel l'État français emprunte sur 10 ans, appelé OAT 10 ans, a franchi le seuil de 5 %, une première depuis 2002. Cet indicateur fait partie des références utilisées par les banques pour fixer les taux immobiliers.

Les banques ajustent leurs taux face à la conjoncture

Certaines banques ont déjà réagi. Pretto indique que le Crédit Mutuel du Sud-Ouest a relevé ses taux de 0,25 point de pourcentage dès le 19 octobre, tandis que le Crédit Agricole Île-de-France a appliqué une hausse de 0,20 point deux jours plus tard. Pierre Chapon, cofondateur de Pretto, explique que les banques ont choisi de défendre leurs volumes sur un marché au ralenti plutôt que de gonfler leurs marges sur les crédits, mais que cette stratégie pourrait devenir plus difficile à maintenir avec la hausse des taux obligataires.

Incertitudes pour les futurs acquéreurs

Pour les personnes envisageant d'acheter un bien, les perspectives restent incertaines. Plusieurs courtiers anticipent une poursuite de la hausse des taux d'ici la fin de l'année, avec des moyennes pouvant atteindre 4 % sur 25 ans. Toutefois, les banques continuent de chercher à attirer de nouveaux clients, et les écarts entre établissements peuvent être importants. Selon Pretto, les clients du courtier ayant obtenu une offre de prêt sur 25 ans au cours des 30 derniers jours ont bénéficié, en moyenne, d'un taux inférieur de 0,18 point de pourcentage au taux initial fixé par leur banque, après avoir engagé des négociations.