Une étude montre que la limitation de la production réduit la mortalité des chauves-souris

Une étude menée par des scientifiques du Cesco, rattaché au Muséum national d'histoire naturelle et financé par l'Ademe, révèle que l'arrêt temporaire des éoliennes la nuit peut réduire la mortalité des chauves-souris de plus de 80 %. Les travaux ont été publiés le 19 octobre dans le Journal of Applied Ecology et constituent la plus vaste étude de ce type à l'échelle européenne.

Une méthodologie fondée sur des données de suivi existantes

La recherche a évalué l'efficacité de la « bridage », c'est-à-dire l'arrêt des éoliennes pendant certaines plages horaires nocturnes où le vent est faible et les températures douces. Elle s'appuie sur les données du protocole national français de suivi de la mortalité des chauves-souris et des oiseaux dans les parcs éoliens, mis en place en 2015 et actualisé en 2018.

Le bridage réduit nettement la mortalité des chauves-souris

Sur les parcs éoliens où les éoliennes étaient arrêtées la nuit, la mortalité des chauves-souris a été divisée par cinq. Cette baisse concerne aussi bien les espèces qui vivent à proximité des lisières forestières, comme les pipistrelles, que celles qui survolent les prairies ouvertes, comme la noctule commune.

Les experts insistent sur l'adaptation du bridage aux conditions locales

Le Muséum national d'histoire naturelle souligne que les résultats confirment l'efficacité du bridage nocturne pour réduire la mortalité des chauves-souris. Il insiste sur la nécessité d'adapter les paramètres du bridage aux conditions locales et aux espèces présentes sur chaque parc éolien. Le Muséum rappelle également l'importance de choisir dès le début de la planification des projets des implantations d'éoliennes qui limitent l'impact sur la biodiversité.