Strasbourg pourrait offrir 30 minutes de stationnement gratuit par jour pour relancer l'activité du centre-ville, mais la mesure risque de faire perdre 500 000 euros par an.
Strasbourg envisage une initiative de stationnement gratuit
La ville de Strasbourg étudie une nouvelle politique qui permettrait aux automobilistes de stationner gratuitement pendant les 30 premières minutes de chaque journée, à condition que le conseil municipal l'approuve le 2 novembre. La proposition, présentée par la maire Catherine Trautmann, du PS, vise à attirer davantage de personnes dans le centre-ville et à soutenir les commerces locaux en rendant le stationnement de courte durée plus accessible.Une perte de recettes potentielle
Si la mesure était mise en œuvre, elle ne supprimerait pas la totalité des redevances de stationnement, mais réduirait le coût des 30 premières minutes de stationnement quotidien, quelle que soit la zone. Les responsables estiment toutefois que ce changement pourrait entraîner une perte annuelle de 500 000 euros de recettes de stationnement pour la ville, ce qui soulève des inquiétudes quant à la manière dont la ville compenserait cette baisse de revenus.Le soutien d'experts et les critiques
Les partisans de la proposition affirment qu'elle pourrait contribuer à inverser les tendances de mobilité urbaine qui ont éloigné les habitants des centres-villes. Antoine Diers, consultant intervenant dans l'émission de radio Grandes Gueules, a salué l'idée, en affirmant que les coûts élevés du stationnement et les politiques restrictives en France ont rendu les centres-villes moins attractifs. Il estime que proposer 30 minutes de stationnement gratuit encouragerait une utilisation plus efficace de l'espace et redonnerait un sens pratique à l'urbanisme.Les critiques des habitants
Tout le monde n'est pas convaincu par la proposition. À Montélimar, où une politique similaire d'une heure de stationnement gratuit a été introduite, des habitants ont exprimé leurs inquiétudes. Ghislaine, une retraitée interrogée sur RMC Story, a qualifié cette politique de « un peu un piège », soulignant qu'une fois la période gratuite écoulée, le coût total du temps de stationnement est facturé. Elle explique que stationner deux heures reviendrait tout de même à payer la totalité de la durée, sans profiter du temps gratuit.Les craintes liées à la privatisation
Bruno Poncet, cheminot et représentant syndical, reconnaît dans cette initiative un pas positif, mais critique la privatisation des places de stationnement, qui, selon lui, a nui aux commerces locaux. Il rappelle qu'à Paris, le stationnement était gratuit en août 2006, mais que la mesure a ensuite été annulée malgré la disponibilité des places, ce qui laisse penser que ce type de mesure pourrait ne pas être durable à long terme.