Des maires français abandonnent des mesures écologiques, rouvrent des routes aux voitures et baissent les tarifs de stationnement pour soutenir le commerce et le pouvoir d'achat, suscitant un débat sur le climat.
Des maires favorables à l'accès des voitures
Les maires élus en mars reviennent sur les politiques précédentes qui limitaient la circulation automobile dans les villes, en privilégiant souvent le commerce et le pouvoir d'achat des habitants au détriment des objectifs environnementaux. À Besançon, Ludovic Fagaut, membre des Républicains, a rouvert à la circulation automobile des routes fermées par l'ancienne maire écologiste Anne Vignot, dans le but de réduire les embouteillages.Soutenir le commerce local
L'une des premières mesures de Ludovic Fagaut a consisté à offrir le stationnement gratuit pendant deux heures, à midi, dans dix grands parkings du centre-ville, afin, selon lui, de soutenir les commerces locaux. Une démarche similaire a été adoptée à Mulhouse, où le nouveau maire, Frédéric Marquet, a autorisé la circulation automobile sur une route jusque-là réservée aux bus et aux modes de transport non motorisés.Un changement politique dans la mobilité
Mariane Thébert, géographe à l'université Gustave-Eiffel, souligne que ces changements constituent un recul des politiques de mobilité visant à réduire l'impact climatique et à améliorer la qualité de l'air. Ce virage est visible dans des villes comme Lyon, où la nouvelle direction de droite a réintroduit les voitures dans le centre-ville, malgré l'opposition du conseil municipal, de sensibilité écologiste.Une mobilité de nouveau politisée
Mariane Thébert observe également une fracture politique croissante autour de la mobilité, dont le vocabulaire est de plus en plus influencé par la rhétorique de l'extrême droite. Elle relève que certaines collectivités hésitent à soutenir pleinement les initiatives en faveur du vélo, en raison du coût politique qu'elles y perçoivent, et qu'on assiste à un retour de l'attention portée à l'équilibre entre l'accès des voitures et les autres modes de transport.L'approche d'Avignon en matière de circulation
À Avignon, le nouvel adjoint au maire, Nicolas Donnadille, justifie la réouverture de routes à la circulation automobile en affirmant que la politique précédente excluait la voiture des options de déplacement. Il insiste sur la nécessité de « rééquilibrer » les choix de transport, tout en soutenant les transports en commun et les déplacements non motorisés.Le virage de Strasbourg
À Strasbourg, la maire socialiste Catherine Trautmann a réduit les tarifs du stationnement en voirie, revenant ainsi sur des mesures prises par son prédécesseur écologiste. Elle affirme que cette décision soutient les habitants qui continuent de dépendre de la voiture. Sa rivale, Jeanne Barseghian, critique toutefois cette mesure, qu'elle considère comme un retour à une approche centrée sur la voiture.