Une reconstitution du récit de Cédric Jubillar concernant le meurtre de son épouse, Delphine Aussaguel, s’est tenue le 2 octobre à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Y participaient Jubillar, ses avocats, des enquêteurs et les parties civiles. Cet événement a eu lieu sept mois avant l’audience d’appel de Jubillar, et fait suite à ses aveux en juillet sur son implication dans la mort de Delphine, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Lors de la reconstitution, une mise en scène de l’étranglement de Delphine a été réalisée à l’intérieur du domicile du couple, sous la supervision d’un médecin légiste. Un mannequin ou un gendarme a servi à représenter Delphine, et des clichés ont été pris pour être joints au dossier. La reconstitution s’est ensuite déplacée dans un champ à Mailhoc, où les ossements de Delphine ont été découverts cet été. Jubillar y a montré comment, selon lui, il aurait enterré le corps dans un trou sous un tas de fumier pendant la nuit. Environ 150 gendarmes ont sécurisé le périmètre durant l’opération. Le processus judiciaire n’a apporté ni nouvel éclairage ni version crédible des faits de la part de Jubillar, déjà condamné pour le meurtre de son épouse. Une reconstitution avait été organisée un mois après son procès en appel pour éclaircir les circonstances de la mort de Delphine. Jubillar, initialement condamné à trente ans de prison, conteste toute préméditation dans ce crime. Selon les comptes-rendus, le récit de Jubillar lors de la reconstitution a été jugé contradictoire et peu convaincant par les avocats des parties civiles. Ceux-ci estiment qu’il n’a pas livré une version crédible des événements et s’est « enfermé dans ses mensonges ». Les défenseurs des parties civiles relèvent que Jubillar n’a pas pleinement reconnu les faits, mais les a admis, et que sa version des événements relève d’un « scénario construit » qui ne résiste pas aux éléments matériels et pratiques. L’un des avocats a souligné que Jubillar était « incapable de porter le corps de Delphine » et s’est immédiatement trouvé en difficulté lors de la reconstitution. Jubillar, incarcéré depuis juin 2021 à la prison de Seysses, près de Toulouse, est arrivé sur les lieux de la reconstitution dans un véhicule de l’administration pénitentiaire. L’événement, qui a duré plus de trois heures, a été qualifié de « situation » plutôt que de reconstitution par le premier président de la cour d’appel de Toulouse. Certains avocats ont noté que Jubillar est apparu froid et sans émotion pendant l’opération, décrivant le scénario de manière factuelle, sans exprimer de sentiments ni apporter de détails sur la victime. L’avocat de Jubillar, Me Pierre Debuisson, n’a pas fait de commentaire à la presse. Le procès en appel est prévu à Toulouse du 30 avril au 14 mai devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. Des fouilles préalables dans le champ de Mailhoc, réalisées en prévision de la reconstitution, n’ont pas permis de découvrir de nouveaux éléments.