Des députés français réclament une enquête sur les récentes manifestations, en pointant les inquiétudes liées à la stratégie policière et à la réponse du gouvernement.
Le président de l'Assemblée nationale propose une commission d'enquête
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, prévoit de proposer mardi la création d'une commission d'enquête portant sur la stratégie de maintien de l'ordre lors des récentes manifestations en France. Cette proposition vise à examiner les événements des 17 et 18 octobre, lorsque des manifestations contre le coût élevé de la vie ont dégénéré en violences dans plusieurs villes.Les députés soutiennent l'initiative
Le 19 octobre, les députés Boris Vallaud (socialistes), Paul Vannier (La France insoumise) et Prisca Thévenot (Ensemble pour la République) ont participé à un débat télévisé dans l'émission Lundi, c'est politique de LCP. Ils ont salué la proposition de Yaël Braun-Pivet, insistant sur la nécessité d'examiner les « excès » survenus pendant les manifestations, ainsi que les méthodes employées par les groupes violents et par les forces de l'ordre.Critiques de la gestion gouvernementale
Boris Vallaud, président du groupe socialiste, a déclaré qu'il était temps de demander des comptes sur les événements. Il a exprimé des doutes quant à la réponse du gouvernement. Paul Vannier a critiqué le déploiement de seulement 10 000 policiers à l'échelle nationale, comparé aux 14 000 mobilisés à Paris lors de la visite du pape, qualifiant la gestion de la situation par le gouvernement d'« incompétente ».Les députés d'Ensemble pour la République critiquent les réponses apportées
Prisca Thévenot, députée des Hauts-de-Seine, a jugé insuffisantes les premières réponses du gouvernement et a qualifié d'inefficace le discours du président Emmanuel Macron. Elle a insisté sur la nécessité d'examiner les événements et d'éviter que de tels faits ne se reproduisent, et a exprimé l'espoir que la commission d'enquête soit adoptée à l'unanimité.Un député du Rassemblement national reste prudent
Laurent Jacobelli, député du Rassemblement national, a fait preuve de prudence à l'égard de la proposition. Il a indiqué que son groupe déciderait de sa position mardi matin, faisant valoir que les causes des troubles étaient déjà connues. Il s'est interrogé sur la raison pour laquelle Paris comptait moins de policiers que lors des émeutes précédentes, tout en doutant que la commission apporte des solutions.Périmètre et calendrier de l'enquête
Boris Vallaud a suggéré que la commission interroge les anciens ministres de l'Intérieur et examine les pratiques menées à l'étranger. Si les commissions d'enquête durent habituellement six mois, leurs travaux pourraient être raccourcis en raison de l'élection présidentielle à venir, et leurs conclusions pourraient être présentées début l'année prochaine.