La formation autonomiste corse remporte les élections locales

François Martinetti et Don Joseph Luccioni, de Femu a Corsica, se sont dits optimistes quant aux récents développements politiques en Corse, soulignant le succès du parti aux élections municipales. Ils ont relevé de bons résultats à Aiacciu et la consolidation des postes de maire dans les zones rurales, une étape importante pour le mouvement autonomiste.

Victoire historique à Paulu Santu Parigi

Lors des élections sénatoriales, Femu a Corsica a remporté une victoire historique à Paulu Santu Parigi, où 83 % des électeurs inscrits ont soutenu le parti. Jean Giuseppi a également recueilli 150 voix à Pumonte, rassemblant différents groupes nationalistes et témoignant d'un large soutien aux objectifs du parti.

L'autonomie gagne en dynamique politique

Malgré les affirmations de l'opposition selon lesquelles Femu a Corsica et sa direction seraient affaiblis, Martinetti a souligné que les victoires électorales répétées ont renforcé la position du parti à l'Assemblée nationale. Il a mis en avant le succès de l'initiative giri paisani, qui a réuni des citoyens dans les villages, comme preuve du soutien du peuple corse à l'autonomie.

L'accord de Beauvau approuvé par le gouvernement

Don Joseph Luccioni a fait remarquer que l'accord de Beauvau, conclu en mars 2024 entre les élus corses et le gouvernement français, a été approuvé par l'Assemblée de Corse. Le Conseil des ministres a adopté l'accord mot pour mot, malgré les inquiétudes initiales selon lesquelles il pourrait être contesté ou modifié. Luccioni a insisté sur l'importance de préserver les principes de l'accord, notamment le pouvoir législatif et la reconnaissance du peuple corse.

Un amendement de l'opposition menacé de rejet

Luccioni a demandé le retrait de l'amendement 111 du groupe La France insoumise, estimant qu'il pourrait limiter le pouvoir législatif de la Collectivité de Corse. Il a noté que le contre-amendement de Michel Castellani n'a été rejeté qu'à deux voix près, ce qui témoigne d'un fort soutien au maintien du cadre législatif actuel.

Évolutions observées à droite

Luccioni a commenté la recomposition politique au sein de l'opposition de droite, citant les résultats des élections sénatoriales en Haute-Corse, où Nicolas Battini, candidat d'extrême droite, a recueilli 88 voix. Il a relié ce résultat à l'absence de candidats de la droite traditionnelle et aux deux voix de Christophe Versini, du Rassemblement national, à Pumonte, suggérant la poursuite d'alliances entre le Rassemblement national et François-Xavier Ceccoli.

Critique des affirmations de l'opposition

En réponse aux accusations de l'opposition à l'encontre de Gilles Simeoni et de la majorité territoriale, Luccioni a déclaré que Femu a Corsica et la majorité territoriale n'ont de leçons de démocratie ou d'éthique à recevoir de personne. Il a accusé François-Xavier Ceccoli d'user d'une stratégie de écran de fumée, soulignant que le projet d'opposition du Rassemblement national à l'autonomie ne dispose ni de pouvoir législatif, ni de statut de résident, ni de reconnaissance officielle de la langue corse.

Remise en cause de la stratégie identitaire du RN

Luccioni a critiqué le Rassemblement national et ses relais locaux, affirmant que « les masques sont tombés », en référence à la stratégie du parti visant à diluer l'identité corse et à sous-estimer le peuple corse. Il a rejeté les propos de Nicolas Battini sur l'incompétence des travailleurs corses, insistant sur le projet d'émancipation économique, sociale et politique porté par Femu a Corsica.

Projets futurs et stratégie politique

Martinetti a présenté les projets futurs de Femu a Corsica, notamment l'extension de la campagne giri paisani à des villes comme Bastia, Portivechju et Aiacciu. Il a également évoqué un travail doctrinal visant à clarifier les positions du parti sur le peuple corse et sur les modèles de développement économique et social, dont les discussions devraient débuter en décembre.

Projets pour les élections législatives

Les élections législatives qui suivront l'élection présidentielle seront discutées entre militants et élus, avec l'intention d'être présents dans quatre circonscriptions. Le parti vise à rassembler autour de ses fondamentaux et des forces de progrès le plus grand nombre possible de nationalistes.