Une moisissure mortelle qui colonise le cerveau a quadruplé ses cas aux États-Unis en deux ans, avec 14 cas recensés en 2025, suscitant des inquiétudes sur le diagnostic et le traitement.
Hausse marquée des cas de moisissure cérébrale mortelle
Le nombre de cas confirmés d'une infection rare et mortelle du cerveau causée par Cladophialophora bantiana a quadruplé aux États-Unis au cours des deux dernières années. Un rapport publié dans le Morbidity and Mortality Weekly Report par des chercheurs de l'Université de Washington et des Centers for Disease Control and Prevention révèle que cette hausse survient alors que peu de laboratoires sont équipés pour détecter le champignon.Une tendance croissante révélée par la surveillance
Le laboratoire de l'Université de Washington, qui reçoit des échantillons de tout le pays, a confirmé 48 cas et un cas probable provenant de 21 États entre janvier 2009 et juillet 2026. Le taux annuel d'infection est resté très faible pendant quinze ans, avec une moyenne d'environ cinq cas par an jusqu'en 2023. Il est ensuite passé à huit cas en 2024, puis à quatorze en 2025. La fréquence du champignon dans les échantillons cérébraux a également augmenté de manière significative durant cette période.Un mystère sur l'infection et le profil des patients
Les chercheurs estiment que cette hausse est réelle et ne s'explique pas seulement par un plus grand nombre de tests. Les médecins ne comprennent pas encore comment le champignon atteint le cerveau. Les experts soupçonnent toutefois qu'il pénètre par les poumons ou par une plaie, puis gagne le cerveau par la circulation sanguine. Dans les cas américains, 12 % des échantillons positifs provenaient de tissu pulmonaire, ce qui suggère une voie respiratoire. Cependant, cela n'explique pas entièrement le profil des patients, car près de la moitié des personnes infectées ne présentaient aucune immunodépression connue, facteur de risque généralement associé aux infections fongiques graves.Difficultés de diagnostic et de traitement
Le champignon Cladophialophora bantiana a une longue histoire médicale, sa première description documentée remontant à 1911. Il contient de la mélanine, un pigment foncé qui l'aide à échapper au système immunitaire. Malgré cela, aucun système national de surveillance aux États-Unis ne suit ces infections, ce qui rend difficile l'estimation du nombre de personnes touchées chaque année. Un diagnostic précoce est essentiel, car le traitement par antifongiques est d'autant plus efficace qu'il commence rapidement. Pourtant, l'infection reste mortelle dans 60 à 70 % des cas.Recherches en cours et défis du diagnostic
Le laboratoire de Seattle continue de détecter le champignon, et 2025 marque le nombre de cas le plus élevé depuis 2009. Un test moléculaire permet désormais d'identifier le champignon dans les échantillons de tissus, mais il doit être demandé spécifiquement. Dans un cas, deux analyses du liquide céphalorachidien se sont révélées négatives avant qu'une biopsie ne confirme l'infection, ce qui illustre les difficultés de diagnostic de cette maladie rare.